Le financement des énergies renouvelables sans consentement est voué à l’échec : les leçons de l’Asie Par Joan Carling, Indigenous Peoples Rights International (IPRI)

L’Asie connaît un essor rapide du développement des énergies renouvelables, alimenté par un flux d’investissements sans précédent dans la région. Cependant, s’il répète l’ancien modèle d’accaparement des terres et de répression, il ne fera qu’aggraver l’injustice au lieu de la résoudre. Deux initiatives en matière d’énergie renouvelable, l’une à Assam, en Inde, et l’autre à Flores, en Indonésie, montrent ce qui se passe lorsque des « projets verts » sont imposés aux populations autochtones. En Assam, le gouvernement indien et la Banque asiatique de développement (BAD) ont cherché à construire l’une des plus grandes fermes solaires de la région, soutenue par un prêt de 434 millions de dollars. Sur le papier, il s’agissait d’un modèle de progrès. Sur le terrain, il menaçait de déplacer 24 villages et de saisir 2 400 hectares de terres, y compris des forêts, des fermes et des terres coutumières des communautés indigènes Karbi, Naga et Kachari, sans leur consentement. Lorsque ces communautés se sont exprimées, elles ont été victimes d’intimidations. Pourtant, elles se sont organisées, mobilisant des milliers de familles par l’intermédiaire du Comité des droits des personnes affectées par le projet d’énergie solaire de Karbi Anglong. Leurs actions collectives ont contraint le ministère indien des finances à demander le retrait du financement et, en mai 2025, la Banque asiatique de développement a annulé le prêt. Ce qui ressemblait à un grand projet « vert » s’est effondré parce qu’il ignorait les droits.

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