Pour éviter une catastrophe climatique, la capacité en énergies renouvelables doit tripler au cours des six prochaines années. Le secteur privé joue un rôle essentiel dans cette transition énergétique, tout comme les peuples autochtones. Pour que l’opportunité d’une transition juste devienne réalité, l’engagement du secteur privé et des États en faveur des droits des peuples autochtones et de modèles économiques transformateurs, conçus pour générer une prospérité partagée pour et avec les peuples autochtones, est indispensable. Ceux-ci doivent être en accord avec les priorités que les peuples autochtones eux-mêmes ont établies de manière autonome.
Ce rapport, élaboré conjointement par Indigenous Peoples’ Rights International (IPRI) et le Centre de ressources sur les entreprises et les droits de l’homme, analyse les arguments en faveur d’une transition vers les énergies renouvelables qui soit centrée sur les droits, les intérêts et la prospérité des peuples autochtones, tels qu’ils les définissent eux-mêmes, afin de parvenir à une transition mondiale qui soit rapide parce qu’elle est juste et durable. Les projets menés par les peuples autochtones illustrent un modèle de prospérité partagée dans lequel nos communautés s’épanouissent en tirant parti de nos connaissances et de nos ressources, en veillant à ce que chacun tire profit des énergies renouvelables, en favorisant la résilience, l’autonomisation et un avenir durable pour les générations futures.
Adrian Lasimbang, directeur exécutif de Right Energy Partnership with Indigenous Peoples : En intégrant le respect des droits des peuples autochtones — y compris le droit au consentement libre, préalable et éclairé — dans la planification et la mise en œuvre des projets, les entreprises peuvent forger des relations fondées sur la confiance qui débouchent sur des projets plus durables, réduisent les risques juridiques et opérationnels et génèrent de la valeur à long terme. Lorsqu’ils s’appuient sur les savoirs autochtones, ces modèles peuvent ouvrir de nouvelles voies de collaboration et d’innovation. Pichamon Yeophantong, directeur de recherche et professeur associé au Centre pour la défense future et la sécurité nationale de l’université Deakin ; membre du Groupe de travail des Nations unies sur les entreprises et les droits de l’homme S’appuyant sur plus de 40 entretiens menés auprès de peuples autochtones, d’investisseurs et d’entreprises du secteur des énergies renouvelables à travers le monde, le rapport met en évidence, à travers des exemples concrets de partage des bénéfices et de copropriété, ainsi que l’expérience vécue par les peuples autochtones, les opportunités offertes par ces modèles économiques, ainsi que leurs défis et leurs risques.
Comme le révèle ce rapport, il n’existe pas de modèle unique de partage des bénéfices avec les peuples autochtones qui garantisse une transition juste. Il est toutefois essentiel que le secteur privé et les États s’engagent à respecter trois principes clés de la transition énergétique juste : la prospérité partagée, le devoir de diligence des entreprises en matière de droits humains et des négociations équitables. Cela nécessite leur engagement en faveur de processus et de pratiques fondamentaux qui reconnaissent les peuples autochtones comme des partenaires à part entière dans la négociation, la conception et la mise en œuvre des projets, garantissent le respect de leurs droits, y compris le droit au consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), et valorisent les connaissances, l’expérience, la gouvernance et les processus décisionnels autochtones. Cela constitue, à son tour, une base fondamentale pour le potentiel que ces nouveaux modèles peuvent offrir.
