ÉQUATEUR : Cesser immédiatement la répression et la criminalisation des membres des communautés des paroisses de Palo Quemado et La Pampa qui défendent leurs territoires contre des projets de méga-exploitation minière

Indigenous Peoples’ Rights International (IPRI), une organisation internationale de peuples autochtones, est profondément préoccupée par l’escalade de la violence depuis le 19 mars dans les paroisses de Palo Quemado et La Pampa, dans la province de Cotopaxi, en Équateur. Cette situation est causée par la répression policière et militaire contre les membres des communautés opposés à l’exploitation minière et à l’imposition d’un processus de consultation environnementale promu par le gouvernement équatorien.
À la suite de l’action des forces de police et de l’armée, 15 personnes auraient été blessées, dont certaines grièvement, en raison de l’utilisation de balles en caoutchouc, de plombs et de gaz lacrymogènes, selon la Confédération des nationalités autochtones de l’Équateur (CONAIE) et le Front anti-minier. De plus, l’entreprise minière canadienne Atico Mining a accusé sans justification 70 membres de la communauté d’être des « terroristes », uniquement en raison de leur opposition au projet minier.
IPRI, organisation mondiale créée pour protéger les droits des peuples autochtones et pour unir et amplifier les appels à la justice des victimes de la criminalisation et de l’impunité, exprime sa solidarité avec les communautés et les personnes affectées par ces actes de répression. Nous exhortons le gouvernement à garantir l’intégrité des personnes et à respecter les droits individuels et collectifs des nationalités, peuples et communautés autochtones du pays, y compris leur droit de vivre dans un environnement sain et écologiquement équilibré.
Nous appelons le gouvernement équatorien à respecter le droit des peuples autochtones à une participation effective à la prise de décision, y compris le droit de donner ou de refuser leur consentement préalable, libre et éclairé concernant les mesures susceptibles d’affecter leurs droits, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains, y compris la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La participation effective et la consultation préalable doivent être réalisées dans le respect des structures organisationnelles des communautés, de leurs autorités dûment constituées, ainsi que des canaux habituels et des protocoles/procédures reconnus par celles-ci.
L’Équateur a ratifié diverses conventions internationales relatives aux droits humains qui imposent des obligations à l’État en matière de respect des droits des peuples autochtones et de leurs actions de défense de leurs droits et de leur environnement. Les actions actuelles violent ces obligations, notamment en permettant à une entreprise privée d’utiliser le terme hautement préjudiciable de « terroriste» à l’encontre de défenseurs des droits des peuples autochtones.
À cet égard, nous souhaitons rappeler les recommandations et observations formulées par l’ancienne Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones à la suite de sa visite en Équateur (A/HRC/42/37/Add.1), indiquant que « compte tenu des violations des droits des peuples autochtones résultant de l’imposition non consultée de nombreux projets extractifs, il est recommandé qu’aucune nouvelle concession ne soit accordée sans une consultation adéquate et le consentement préalable, libre et éclairé des peuples autochtones. Toutes les concessions qui ne sont pas conformes à la Constitution et aux normes internationales relatives aux droits des peuples autochtones doivent être réexaminées et, si nécessaire, annulées».
De même, l’accusation hautement inappropriée de «terrorisme» portée contre 70 personnes autochtones constitue une tentative illégitime d’instrumentalisation du système judiciaire visant à restreindre des moyens internationalement protégés de défense des droits des peuples autochtones.

Nous exhortons le gouvernement équatorien à cesser immédiatement la criminalisation et la violence à l’encontre des membres des communautés des paroisses de Palo Quemado et La Pampa, et à se conformer à ses obligations constitutionnelles et internationales relatives aux droits des nationalités, peuples, communautés et communes autochtones.
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