Le tourisme est aujourd’hui l’une des plus grandes industries mondiales. En 2021, la contribution directe du secteur des voyages et du tourisme au PIB mondial s’élevait à environ 5,8 milliards de dollars américains. Promu par la plupart des pays, le tourisme est perçu comme une source directe de devises étrangères et un générateur d’emplois au niveau local.
Cependant, le développement du tourisme de masse, concentré entre les mains de quelques entreprises multinationales, fait l’objet de critiques internationales en raison de ses impacts sur les droits humains et l’environnement. Ce type de tourisme est lié au développement d’infrastructures et à l’accaparement des terres, ce qui entraîne des violations des droits des peuples autochtones sur leurs terres, territoires et ressources.
Dans certains cas, les peuples autochtones deviennent eux-mêmes, malgré eux, des attractions touristiques, et la commercialisation non contrôlée de l’artisanat ainsi que la marchandisation de leurs cultures ont eu des effets très négatifs sur leurs droits culturels.
Par ailleurs, certains peuples et communautés autochtones ont développé leurs propres projets de tourisme communautaire comme source de revenus, mais aussi dans le but de maîtriser leur relation avec les visiteurs et de transmettre eux-mêmes leurs cultures et leurs modes de vie.
Cette année, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a annoncé son intention d’élaborer et de soumettre un rapport thématique à l’Assemblée générale des Nations Unies en octobre 2023, portant sur les différents aspects du tourisme et de l’industrie touristique en lien avec les droits des peuples autochtones.
Afin d’éclairer davantage ces enjeux, Indigenous Peoples’ Rights International (IPRI) et l’International Work Group on Indigenous Affairs (IWGIA) ont sollicité des organisations partenaires et des experts pour fournir leurs points de vue et des informations sur des cas spécifiques, qu’ils ont ensuite compilés dans la présente publication. Nous espérons que celle-ci constituera une contribution utile aux travaux du Rapporteur spécial.
«Ce type de tourisme est lié au développement d’infrastructures et à l’accaparement des terres, entraînant des violations des droits des peuples autochtones sur leurs terres, territoires et ressources.»
