COLOMBIE: Des actions efficaces sont urgemment nécessaires pour préserver la vie des peuples autochtones en danger imminent dans le Cauca et le Chocó
Indigenous Peoples Rights International (IPRI), l’organisation internationale qui dirige l’Initiative mondiale pour lutter contre et prévenir la criminalisation, la violence et l’impunité à l’encontre des peuples autochtones, appelle d’urgence l’État colombien ainsi que les instances nationales et internationales des droits humains à répondre aux demandes formulées par les organisations et autorités autochtones et à adopter des mesures immédiates et efficaces pour protéger les peuples autochtones en danger imminent dans les départements du Cauca et du Chocó.
Selon les informations reçues par l’IPRI et rendues publiques par des organisations autochtones du pays, au cours des derniers mois, des assassinats, attaques et menaces ont été perpétrés contre des gardes indigènes, des autorités ancestrales, des leaders spirituels et des membres des communautés dans le département du Cauca, aux mains de groupes armés. Rien qu’en avril, José Reyes Chocue, membre de la Garde indigène de la réserve de San Lorenzo de Caldono (16 avril 2023), et le sage ancestral José Isaías Quiguanás (18 avril 2023) ont été assassinés. Le Conseil régional indigène du Cauca (CRIC) a également dénoncé que plusieurs autorités ancestrales des dix zones affiliées au CRIC ont reçu des menaces de mort. Le cas le plus récent est celui d’Adelmo Isoto, ancien conseiller principal du CRIC et actuelle autorité ancestrale du territoire de la réserve indigène de Tumburao dans la zone de Chotando, qui a reçu des pamphlets menaçants et dont la maison a ensuite été envahie par des hommes armés. L’autorité ancestrale du peuple indigène Polindara a également signalé diverses formes d’intimidation.
Par ailleurs, dans le département du Chocó, municipalité d’Istmina, quarante (40) familles de la communauté de Negría sont en danger imminent de déplacement forcé en raison d’affrontements entre groupes armés et de leurs incursions dans leurs territoires. Cette situation se produit malgré les Accords de paix et les avancées des tables de dialogue entre le gouvernement national et l’Armée de libération nationale (ELN) visant à obtenir un soulagement humanitaire dans le Bajo Calima et le fleuve San Juan.
La dépossession des territoires et le déplacement forcé exposent les peuples autochtones à un risque de disparition physique, culturelle et spirituelle, et les empêchent de développer leurs propres modes de vie et leur relation avec l’environnement, les laissant dans la pauvreté, l’incertitude et dans l’impossibilité de pratiquer leur culture. L’extermination des autorités et des personnes détentrices de savoir vise à désarticuler le tissu social afin de faciliter la dépossession des terres et des ressources ainsi que le recrutement forcé.
En solidarité avec les peuples autochtones affectés et leurs organisations, l’IPRI appelle les entités gouvernementales concernées, y compris le Bureau du Défenseur du peuple, à adopter des mesures immédiates et efficaces, en accord avec les peuples autochtones concernés, pour protéger leur vie et leur intégrité et prévenir les déplacements forcés; les instances nationales et internationales des droits humains, y compris le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) et la MAPP-OEA, à surveiller la situation et à promouvoir des mesures en défense de la vie et des droits humains des peuples autochtones du Cauca et du Chocó; et l’État colombien à redoubler d’efforts pour mettre pleinement en œuvre le chapitre ethnique des Accords de paix.
L’IPRI restera attentive aux situations dénoncées et encourage les organisations autochtones à exprimer leur solidarité avec nos frères et sœurs autochtones en Colombie. * * * Pour plus d’informations: communiqué de l’ONIC: https://bit.ly/3oQ3gDj communiqué du CRIC: https://bit.ly/3LhUhlI communiqué de l’ACADESAN: https://twitter.com/ACADESAN/status/1649852680876052480?s=20 Télécharger la déclaration
Que se passe-t-il dans la région? En Colombie, les attaques contre les peuples autochtones sont incessantes. Des intérêts extérieurs convoitent leurs territoires, en particulier dans les départements du Chocó, de Nariño et du Cauca. De nombreux cas d’assassinats, de blessures, de déplacements, d’affrontements armés, de dépossession des territoires, de mines antipersonnel et de confinement de la population constituent le quotidien des peuples autochtones.
