
- Il s’agit du troisième assassinat visant la famille Baldenegro, reconnue pour son engagement dans la défense des forêts.
- Le Mexique doit garantir la justice et mettre en place des mesures de protection efficaces pour tous les membres de la communauté rarámuri de Coloradas de la Virgen.
- Le Mexique, en tant qu’État partie à divers instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits humains, y compris l’Accord d’Escazú, doit respecter ses engagements internationaux en matière de protection des défenseurs des droits humains des peuples autochtones.
Le Mexique, en tant qu’État partie à divers instruments internationaux et régionaux relatifs aux droits humains, y compris l’Accord d’Escazú, doit respecter ses engagements internationaux en matière de protection des défenseurs des droits humains des peuples autochtones.
Selon les informations communiquées par le bureau du procureur de l’État, José Trinidad Baldenegro a été abattu aux abords de son domicile le 7 mars 2022. Après son assassinat, un groupe d’hommes armés a exigé que la famille quitte sa maison, la menaçant de mort en cas de refus. La famille s’est réfugiée dans la forêt pour se protéger, tandis que leur maison a été incendiée.
La famille Baldenegro est bien connue pour sa lutte contre la déforestation et les cultures illicites dans la Sierra Tarahumara. En 1986, Julio Baldenegro, père de José Trinidad, a été abattu. En 2017, un autre fils de Julio, Isidro Baldenegro, lauréat du prix Goldman en 2005, a également été assassiné.
Les peuples rarámuri et ódami de Coloradas de la Virgen, dans la municipalité de Guadalupe y Calvo, revendiquent depuis les années 1930 la reconnaissance juridique de leur territoire. Ils mènent également une lutte constante pour la défense de la forêt.
Plus récemment, les conflits territoriaux entre groupes criminels organisés ont intensifié la violence contre les peuples rarámuri et ódami ainsi que contre les défenseurs des droits humains.
En 2019 seulement, au moins 100 familles (300 personnes) auraient été déplacées de force de cette municipalité en raison de l’augmentation de la violence dans cette région de la Sierra Tarahumara.[1]
The defense of the territory occurs in a scenario of impunity from the actions of illegal loggers and members of criminal organizations and the negligence of authorities at all levels of government. The Raramuri and Ódami communities currently have a legal demand requesting the cancellation of forest harvesting permits.
Depuis 1973, au moins 17 membres de la communauté ont été assassinés pour avoir défendu leur territoire. La plupart des personnes tuées occupaient des fonctions d’autorité au sein de leurs communautés. Certaines de ces attaques ont eu lieu alors même que les victimes faisaient partie du mécanisme fédéral de protection des défenseurs et des journalistes.
The Inter-American Commission on Human Rights (IACHR) recently issued the report on admissibility of the Petition 2106-12. Huitosachi, Mogotavo and Bacajipare Communities of the Raramuri indigenous peoples.[2] It declared, among others, the admissibility of rights to life, to property, the respect of rights, and State’s duty to obtain free, prior and informed consent from indigenous peoples.
Ces cas illustrent les problèmes structurels, ainsi que les actions et omissions de l’État mexicain, qui entraînent la violation des droits des peuples autochtones et la criminalisation et l’assassinat de leurs défenseurs.
Face à cette situation alarmante, l’IPRI appelle le gouvernement mexicain à.
- Mener une enquête rapide et impartiale afin de garantir justice pour tous les assassinats commis contre les peuples autochtones de Coloradas de la Virgen, en particulier dans le cas de José Trinidad Baldenegro.
- Adopter des mesures de réparation et de protection pour tous les habitants autochtones de Coloradas de la Virgen, en particulier pour la famille Baldenegro.
- Garantir les conditions nécessaires au retour sûr et digne des familles déplacées, notamment de la famille Baldenegro.
- Prendre des mesures efficaces pour mettre fin aux crimes contre les peuples autochtones de Coloradas de la Virgen.
- Respecter ses obligations internationales en matière de protection et de reconnaissance des droits des peuples autochtones à leurs terres, territoires et ressources, ainsi qu’à l’autodétermination.
- Remplir ses engagements internationaux pour la protection des défenseurs de l’environnement, en tant qu’État partie à l’Accord d’Escazú.
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[1] Comisión Mexicana para la Defensa y Promoción de los Derechos Humanos, « Episodios de Desplazamiento Interno Forzado Masivo en México : Informe 2019 », mars 2022.
https://bit.ly/3ta7Yvc
[2] CIDH, Rapport n° 279/21, Pétition 2106-12. Admissibilité. Communautés de Huitosachi, Mogotavo et Bacajipare du peuple autochtone Rarámuri, Mexique, 29 octobre 2021. Ce rapport établit des violations des droits à la propriété collective, à l’autodétermination et à la participation aux décisions ainsi qu’aux bénéfices économiques du projet touristique «Barrancas del Cobre». Disponible sur: https://bit.ly/3KG6puY
