12 juillet 2026. Indigenous Peoples Rights International (IPRI) condamne avec la plus grande fermeté l’arrestation et la détention arbitraires de Pranab Doley, défenseur autochtone des droits humains et figure de proue de la défense des terres, des moyens de subsistance et des droits environnementaux des Peuples autochtones en Assam, en Inde.
L’arrestation serait liée à une plainte pénale enregistrée au commissariat de Bokakhat et intervient à la suite du rôle de premier plan joué par M. Doley dans le mouvement pacifique s’opposant au projet de construction d’un hôtel de luxe Hyatt à Inglay (Inle) Pathar, aux abords du Parc national de Kaziranga.
Selon des informations crédibles reçues, le 12 juillet 2026, environ 100 policiers ont encerclé la maison où séjournait M. Doley à Guwahati et l’ont arrêté sans présenter de mandat d’arrêt. Son téléphone portable a été immédiatement confisqué et tout contact avec ses soutiens lui a été refusé.
M. Doley a été conduit au commissariat de Dispur, où il a d’abord été placé en détention avant d’être transféré sous la garde de la police de Bokakhat dans le cadre d’une plainte pénale qui aurait été déposée le 29 juin 2026. Selon les informations disponibles, les autorités ont retenu contre lui 13 chefs d’accusation pénale, dont au moins trois ne permettent pas une libération sous caution. Ces accusations comprennent : complot criminel ; appartenance à un rassemblement illégal ; participation à une émeute ; participation à une émeute en étant armé d’une arme dangereuse ; entrave à un agent public dans l’exercice de ses fonctions officielles ; agression ou recours à la force criminelle afin d’empêcher un agent public d’exercer ses fonctions ; fait d’infliger volontairement des blessures ou des blessures graves afin d’empêcher un agent public d’accomplir son devoir ; dégradation de biens ; dégradation aggravée de biens ; violation de propriété ; intimidation criminelle accompagnée de menaces de mort ou de blessures graves ; agression ou recours à la force criminelle contre une femme dans l’intention de porter atteinte à sa pudeur ; et tentative de commettre une infraction passible de la réclusion à perpétuité ou d’une autre peine d’emprisonnement.
Nous avons également reçu des informations alarmantes selon lesquelles la police a perquisitionné le domicile familial de M. Doley à la recherche de Rajiv Pegu, un autre membre du Greater Kaziranga Land and Human Rights Protection Committee. Cette perquisition soulève de vives inquiétudes quant au fait que les autorités étendent leur répression contre les dirigeants autochtones engagés dans la défense pacifique des droits fonciers de leurs communautés. Des vidéos largement diffusées montrent M. Doley déclarant qu’il a été arrêté sans qu’aucun document ne lui soit présenté, en affirmant : « Nous ne pouvons même pas être la voix du peuple. Quel genre de démocratie est-ce ? »
IPRI est profondément préoccupée par le fait que cette arrestation semble constituer une tentative délibérée de réduire au silence les voix autochtones qui s’opposent à l’acquisition de terres autochtones pour le projet d’hôtel Hyatt. Les communautés se sont constamment opposées à ce projet, estimant qu’il menace leurs terres ancestrales, leurs moyens de subsistance, leurs terres agricoles, la biodiversité ainsi que l’intégrité écologique du paysage de Kaziranga. M. Doley a également joué un rôle de premier plan, aux côtés des communautés affectées du district de Karbi Anglong, en Assam, dans l’opposition aux fermes solaires financées par la Banque asiatique de développement (ADB), en raison des graves conséquences de ce projet sur leurs moyens de subsistance et sur leur contrôle de leurs terres, entre autres.
Ce schéma d’intimidation démontre une volonté de plus en plus coordonnée de criminaliser les défenseurs autochtones des droits humains plutôt que de répondre aux préoccupations légitimes soulevées par les communautés concernées. Le recours à un déploiement policier excessif, aux arrestations arbitraires, aux perquisitions de domiciles familiaux et à de multiples accusations pénales contre des militants pacifiques instaure un climat de peur destiné à affaiblir la résistance des communautés face à la dépossession de leurs terres.
Défendre les terres, les territoires et les ressources naturelles des Peuples autochtones n’est pas un crime.
S’opposer pacifiquement à l’acquisition forcée de terres et à des projets destructeurs pour l’environnement constitue un exercice légitime des droits humains protégés par le droit international.
IPRI appelle instamment le Gouvernement de l’Inde à :
- Libérer immédiatement et sans condition Pranab Doley.
- Garantir son intégrité physique et psychologique ainsi que son bien-être, et lui assurer un accès immédiat à un avocat, aux membres de sa famille et à des soins médicaux indépendants.
- Mettre fin à tous les actes d’intimidation, de surveillance, de harcèlement et de criminalisation visant les membres du Greater Kaziranga Land and Human Rights Protection Committee, y compris Rajiv Pegu et d’autres dirigeants autochtones.
- Abandonner toutes les poursuites destinées à sanctionner l’exercice légitime des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique, d’association et de défense des droits des Peuples autochtones.
- Suspendre immédiatement toute procédure d’acquisition de terres liée au projet d’hôtel Hyatt jusqu’à ce que les droits des communautés autochtones concernées aient été pleinement respectés, y compris leur droit au Consentement libre, préalable et éclairé.
La détention arbitraire de défenseurs autochtones des droits humains pour avoir protégé pacifiquement leurs terres ancestrales constitue une grave violation des droits humains fondamentaux. Pranab Doley doit être libéré immédiatement.
La criminalisation des Peuples autochtones qui défendent leurs terres et leurs territoires doit cesser.
