{"id":84189,"date":"2026-03-19T11:27:56","date_gmt":"2026-03-19T11:27:56","guid":{"rendered":"https:\/\/iprights.org\/quatre-ans-de-detention-pour-avoir-defendu-son-peuple-aux-philippines-iii\/"},"modified":"2026-04-17T00:35:57","modified_gmt":"2026-04-17T00:35:57","slug":"quatre-ans-de-detention-pour-avoir-defendu-son-peuple-aux-philippines-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iprights.org\/fr\/2026\/03\/19\/quatre-ans-de-detention-pour-avoir-defendu-son-peuple-aux-philippines-iii\/","title":{"rendered":"Ils ont gagn\u00e9 au tribunal, mais sont toujours expuls\u00e9s: la lutte des Ogieks pour la justice au Kenya"},"content":{"rendered":"\n<p>Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, les peuples autochtones Ogiek vivent dans le complexe de la for\u00eat Mau au Kenya et dans certaines parties du mont Elgon et des hauts plateaux environnants. Ils vivent de la chasse, de la cueillette et de l&rsquo;apiculture et gouvernent leurs territoires gr\u00e2ce \u00e0 des syst\u00e8mes coutumiers fond\u00e9s sur la connaissance de l&rsquo;environnement et l&rsquo;intendance collective.<\/p>\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, malgr\u00e9 une d\u00e9cision de justice historique reconnaissant leurs droits, de nombreuses familles Ogiek continuent d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9es de leurs terres ancestrales.<\/p>\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0La for\u00eat est notre vie. Mon gagne-pain d\u00e9pend de cette terre\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n<p>Estim\u00e9s entre 20 000 et 50 000 personnes, les Ogiek font partie des derni\u00e8res communaut\u00e9s de chasseurs-cueilleurs d\u00e9pendant de la for\u00eat en Afrique de l&rsquo;Est. Leur relation avec la for\u00eat est \u00e0 la base de leur identit\u00e9, de leur culture, de leur spiritualit\u00e9 et de leur survie. Leur nom m\u00eame est souvent traduit par \u00ab\u00a0gardien de toutes les plantes et de tous les animaux\u00a0\u00bb.  <\/p>\n\n<p>Pourtant, cette relation a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises, non seulement par la d\u00e9possession, mais aussi par le fait que l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;a pas respect\u00e9 les d\u00e9cisions juridiques contraignantes.<\/p>\n\n<p>Bien avant que les r\u00e9gimes de conservation de l&rsquo;\u00c9tat ne soient impos\u00e9s, les Ogiek gouvernaient leurs territoires par le biais de syst\u00e8mes coutumiers, garantissant la conservation par le biais de pratiques v\u00e9cues. Malgr\u00e9 cela, les Ogiek ont endur\u00e9 des d\u00e9cennies de d\u00e9possession, de criminalisation et de violations syst\u00e9miques de leurs droits \u00e0 la terre, aux ressources, \u00e0 la culture, \u00e0 la religion, au d\u00e9veloppement et \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9. <\/p>\n\n<p>Sous le r\u00e9gime colonial britannique, de vastes portions du territoire ancestral des Ogieks ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es terres de la Couronne, puis class\u00e9es comme r\u00e9serves foresti\u00e8res. Leurs r\u00e9gimes fonciers coutumiers n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 ni reconnus ni prot\u00e9g\u00e9s et, m\u00eame apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance du Kenya en 1963, cette injustice historique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9e. Au contraire, les gouvernements successifs ont poursuivi le sch\u00e9ma d&rsquo;exclusion, traitant la for\u00eat de Mau comme une terre publique soumise au contr\u00f4le de l&rsquo;\u00c9tat et \u00e0 l&rsquo;attribution politique. Les terres traditionnellement g\u00e9r\u00e9es par les Ogiek ont \u00e9t\u00e9 converties en r\u00e9serves foresti\u00e8res de l&rsquo;\u00c9tat ou attribu\u00e9es \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de plantation priv\u00e9es et \u00e0 des \u00e9lites politiques. Les Ogiek, quant \u00e0 eux, ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s de squatters sur des terres qu&rsquo;ils habitaient depuis des g\u00e9n\u00e9rations.    <\/p>\n\n<p>Les expulsions se sont normalis\u00e9es. Des familles ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es sans consultation, sans indemnisation et sans plan de r\u00e9installation. Leurs maisons ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9es, leurs moyens de subsistance d\u00e9truits et confisqu\u00e9s, et des membres de la communaut\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s pour \u00ab\u00a0empi\u00e8tement\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0p\u00e2turage ill\u00e9gal\u00a0\u00bb. Leurs pratiques de subsistance ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es de menaces pour l&rsquo;environnement, alors m\u00eame que les activit\u00e9s commerciales \u00e0 grande \u00e9chelle contribuaient de mani\u00e8re significative \u00e0 la d\u00e9gradation des for\u00eats. La criminalisation de la pr\u00e9sence des Ogieks sur leurs terres ancestrales a marqu\u00e9 une profonde inversion de la justice.    <\/p>\n\n<p>Les gardiens sont devenus des intrus.<\/p>\n\n<p>\u00ab\u00a0Nous vivons dans la for\u00eat depuis que Dieu a cr\u00e9\u00e9 le temps. Mais aujourd&rsquo;hui, nous entendons des gens dire que nous n&rsquo;appartenons pas \u00e0 la for\u00eat, que les Ogiek n&rsquo;ont pas leur place ici\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Memusi Ngusilo.<\/p>\n\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 2000, les expulsions se sont intensifi\u00e9es au nom de la \u00ab\u00a0conservation de l&rsquo;environnement\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n<p>En octobre 2009, le Service forestier du Kenya a \u00e9mis un avis d&rsquo;expulsion de 30 jours \u00e0 l&rsquo;encontre des familles autochtones Ogiek vivant dans la for\u00eat de Mau, justifiant cette mesure par la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger les captages d&rsquo;eau et de lutter contre la d\u00e9forestation. Pourtant, aucune consultation s\u00e9rieuse n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 entreprise avec la communaut\u00e9 autochtone, et aucun m\u00e9canisme de r\u00e9paration n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu. <\/p>\n\n<p>Cet avis a marqu\u00e9 un tournant, la communaut\u00e9 ayant d\u00e9cid\u00e9 de demander justice au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du Kenya.<\/p>\n\n<p>En novembre 2009, l&rsquo;Ogiek Peoples Development Programme (OPDP), en partenariat avec le Centre for Minority Rights Developments (CEMRIDE) et Minority Rights Group International (MRGI), agissant au nom de la communaut\u00e9 autochtone Ogiek, a d\u00e9pos\u00e9 une communication devant la Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples. En 2012, la Commission a saisi la Cour africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples. En mars 2013, la Cour africaine a pris des mesures provisoires ordonnant au Kenya de mettre un terme aux expulsions et de s&rsquo;abstenir de toute action susceptible de causer un pr\u00e9judice irr\u00e9parable, dans l&rsquo;attente de son arr\u00eat d\u00e9finitif.  <\/p>\n\n<p>Le 26 mai 2017, dans l&rsquo;affaire <em>Commission africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples c. Kenya (requ\u00eate n\u00b0 006\/2012)<\/em>, la Cour africaine a rendu une d\u00e9cision historique. Elle a estim\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 que le Kenya avait viol\u00e9 de multiples dispositions de la Charte africaine des droits de l&rsquo;homme et des peuples, notamment: l&rsquo;article 2, le droit \u00e0 la non-discrimination; l&rsquo;article 8, le droit \u00e0 la religion; l&rsquo;article 14, le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9; l&rsquo;article 17, le droit \u00e0 la culture; l&rsquo;article 21, le droit aux ressources naturelles; et l&rsquo;article 22, le droit au d\u00e9veloppement. <\/p>\n\n<p>La Cour a reconnu que la for\u00eat de Mau \u00e9tait la terre ancestrale des Ogiek et a affirm\u00e9 que l&rsquo;expulsion sans consultation, consentement ou compensation \u00e9tait ill\u00e9gale. Elle a rejet\u00e9 l&rsquo;argument de l&rsquo;\u00c9tat selon lequel la conservation justifiait l&rsquo;expulsion, soulignant que \u00ab\u00a0la pr\u00e9servation de la for\u00eat de Mau ne pouvait justifier l&rsquo;absence de reconnaissance du statut d&rsquo;autochtone des Ogiek ou le d\u00e9ni de leurs droits\u00a0\u00bb. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 largement c\u00e9l\u00e9br\u00e9e comme \u00e9tant historique pour les peuples autochtones du continent.  <\/p>\n\n<p>Malheureusement, cette victoire sur le papier ne s&rsquo;est pas traduite par une protection sur le terrain.<\/p>\n\n<p>En juin 2022, la Cour africaine a rendu son arr\u00eat sur les r\u00e9parations, mais les ann\u00e9es qui se sont \u00e9coul\u00e9es entre l&rsquo;arr\u00eat de 2017 et l&rsquo;arr\u00eat sur les r\u00e9parations de 2022 ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la fragilit\u00e9 des victoires juridiques en l&rsquo;absence de mise en \u0153uvre effective.<\/p>\n\n<p>Les rapports font \u00e9tat de la poursuite des expulsions forc\u00e9es en 2018, 2019 et 2020. En juillet 2020, 300 familles ogieks ont de nouveau \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es de force de la for\u00eat de Mau et, en novembre 2023, 700 autres membres de la communaut\u00e9, dont les maisons ont \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9es, le b\u00e9tail confisqu\u00e9 et les moyens de subsistance perturb\u00e9s. Les peuples autochtones Ogiek ont continu\u00e9 \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;arrestations pour \u00ab\u00a0occupation ill\u00e9gale\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0intrusion\u00a0\u00bb dans leurs for\u00eats coutumi\u00e8res. Les pratiques traditionnelles de subsistance, notamment l&rsquo;apiculture, le p\u00e2turage et l&rsquo;acc\u00e8s aux sites sacr\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 criminalis\u00e9es. Les agences de l&rsquo;\u00c9tat ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des op\u00e9rations d&rsquo;ex\u00e9cution qui ont aggrav\u00e9 l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 au lieu de mettre en \u0153uvre l&rsquo;arr\u00eat de la Cour.    <\/p>\n\n<p>En ce qui concerne les r\u00e9parations, la Cour africaine a ordonn\u00e9 au Kenya de : de payer environ 157 millions de KES en dommages mat\u00e9riels et moraux ; de cr\u00e9er un fonds de d\u00e9veloppement communautaire; de reconna\u00eetre officiellement les Ogiek en tant que peuple autochtone; de d\u00e9limiter, de d\u00e9marquer et d&rsquo;accorder un titre collectif \u00e0 leurs terres ancestrales. Malgr\u00e9 ces directives claires, la mise en \u0153uvre est rest\u00e9e lente et incompl\u00e8te. <\/p>\n\n<p>En 2023, les anciens d&rsquo;Ogiek ont d\u00e9pos\u00e9 la <em>requ\u00eate Ngusilo v. Kenya (Petition No. 1 of 2023)<\/em> devant le tribunal de l&rsquo;environnement et des terres de Nakuru, arguant que l&rsquo;\u00c9tat n&rsquo;avait pas respect\u00e9 ses obligations constitutionnelles et la d\u00e9cision de la Cour africaine. Le 30 mai 2024, le tribunal a fait \u00e9cho aux conclusions du tribunal r\u00e9gional, affirmant que les titres collectifs devaient \u00eatre accord\u00e9s et que l&rsquo;expulsion sans proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re violait les droits constitutionnels et les droits garantis par la Charte. Mais la mise en \u0153uvre reste limit\u00e9e. <\/p>\n\n<p><strong>La criminalisation au c\u0153ur de la lutte<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n<p>La communaut\u00e9 autochtone Ogiek est de plus en plus visible, car elle documente de plus en plus les violations, s&rsquo;engage dans des forums publics et participe \u00e0 des actions de plaidoyer aux niveaux national et international. Il en va de m\u00eame pour les risques. Les dirigeants des communaut\u00e9s autochtones et les d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;homme font \u00e9tat d&rsquo;intimidations, de harc\u00e8lements, de stigmatisations et de menaces de la part d&rsquo;acteurs \u00e9tatiques et de mandataires de l&rsquo;\u00c9tat. Les efforts de documentation, notamment la cartographie des territoires ancestraux et la collecte de preuves d&rsquo;expulsions, ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;un examen minutieux. Les d\u00e9fenseurs sont souvent d\u00e9peints comme des opposants au d\u00e9veloppement ou comme des obstacles \u00e0 la conservation, des r\u00e9cits qui d\u00e9l\u00e9gitiment leurs revendications et accroissent leur vuln\u00e9rabilit\u00e9.    <\/p>\n\n<p>En r\u00e9ponse aux besoins imm\u00e9diats des familles Ogiek d\u00e9plac\u00e9es &#8211; en particulier dans la for\u00eat de Tindiret &#8211; la LDSF a apport\u00e9 son soutien pour faire face \u00e0 l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, aux lacunes en mati\u00e8re de soins de sant\u00e9 et aux cons\u00e9quences d&rsquo;un d\u00e9placement prolong\u00e9. Ces interventions s&rsquo;inscrivent dans une tendance plus large en Afrique, o\u00f9 les d\u00e9fenseurs autochtones sont confront\u00e9s \u00e0 des risques de criminalisation, de d\u00e9placement forc\u00e9 et de non-respect des r\u00e8gles institutionnelles qui se chevauchent et n\u00e9cessitent des r\u00e9ponses juridiques et humanitaires combin\u00e9es. <\/p>\n\n<p><strong>La justice n&rsquo;est pas seulement une d\u00e9cision<\/strong><\/p>\n\n<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;affaire Ogiek est l&rsquo;une des d\u00e9cisions autochtones les plus importantes du continent africain, mais ses promesses ne sont que partiellement r\u00e9alis\u00e9es. La Constitution kenyane de 2010 reconna\u00eet les droits fonciers et culturels des communaut\u00e9s, mais la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue sur le terrain reste marqu\u00e9e par l&rsquo;incertitude, les d\u00e9placements occasionnels et la n\u00e9gociation continue de l&rsquo;acc\u00e8s aux territoires ancestraux. <\/p>\n\n<p>Comme l&rsquo;a fait remarquer un ancien de la communaut\u00e9 Ogiek :<\/p>\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Nous attendons la justice depuis des d\u00e9cennies. La Cour s&rsquo;est exprim\u00e9e clairement, mais les retards du gouvernement continuent de nuire \u00e0 notre peuple et \u00e0 notre terre. Nous gardons espoir, mais nous exigeons que nos droits soient respect\u00e9s sans d\u00e9lai.  <\/p>\n<\/blockquote>\n\n<p>Les peuples autochtones Ogiek ne cherchent pas seulement \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 une d\u00e9possession historique. Ils affirment leur avenir, en tant que gardiens de la for\u00eat, en tant que d\u00e9tenteurs de droits en vertu du droit national et international, et en tant que peuples autochtones. Leur lutte se poursuit, fond\u00e9e sur la conviction que la justice diff\u00e9r\u00e9e ne doit pas devenir une justice refus\u00e9e.  <\/p>\n\n<p>\u00ab\u00a0Nous esp\u00e9rons que le gouvernement appliquera les d\u00e9cisions de la Cour, m\u00eame si nous savons que la volont\u00e9 politique de mettre en \u0153uvre ces d\u00e9cisions reste faible\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Daniel Kobei, directeur du programme de d\u00e9veloppement du peuple ogiek.<\/p>\n\n<p><strong>Photo<\/strong>: Programme de d\u00e9veloppement des peuples Ogiek<\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, les peuples autochtones Ogiek vivent dans le complexe de la for\u00eat Mau au Kenya et dans certaines parties du mont Elgon et des hauts plateaux environnants. 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