{"id":86027,"date":"2025-05-09T16:48:47","date_gmt":"2025-05-09T16:48:47","guid":{"rendered":"https:\/\/iprights.org\/2025\/05\/09\/inde-ipri-appelle-a-mettre-fin-a-la-violence-et-aux-violations-des-droits-des-peuples-autochtones-dans-les-projets-de-conservation-des-tigres\/"},"modified":"2025-05-09T16:48:47","modified_gmt":"2025-05-09T16:48:47","slug":"inde-ipri-appelle-a-mettre-fin-a-la-violence-et-aux-violations-des-droits-des-peuples-autochtones-dans-les-projets-de-conservation-des-tigres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iprights.org\/fr\/2025\/05\/09\/inde-ipri-appelle-a-mettre-fin-a-la-violence-et-aux-violations-des-droits-des-peuples-autochtones-dans-les-projets-de-conservation-des-tigres\/","title":{"rendered":"INDE || IPRI appelle \u00e0 mettre fin \u00e0 la violence et aux violations des droits des peuples autochtones dans les projets de conservation des tigres"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/images\/2025\/INDIA%20tiger%20reserves%20sta\/India%20EN.png#joomlaImage:\/\/local-images\/2025\/INDIA%20tiger%20reserves%20sta\/India%20EN.png?width=1920&amp;height=1080\" alt=\"\"> <!--more--> 9 mai 2025 Indigenous Peoples Rights International (IPRI) est profond\u00e9ment pr\u00e9occup\u00e9e par l\u2019usage de la force et les violations des droits \u00e0 l\u2019encontre des communaut\u00e9s tribales Jenu Kuruba, Betta Kuruba, Yerava et Paniya dans le contexte de leur retour sur leurs terres ancestrales. L\u2019expulsion de ces populations s\u2019inscrit dans le cadre de l\u2019expansion des r\u00e9serves de tigres dans le sud de l\u2019Inde. IPRI est une organisation internationale dirig\u00e9e par des peuples autochtones, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la lutte contre la criminalisation et les violations des droits des peuples autochtones \u00e0 travers le monde. Selon les informations recueillies par nos partenaires, le 4 mai 2025, des membres des communaut\u00e9s tribales Jenu Kuruba, Betta Kuruba, Yerava et Paniya ont d\u00e9clar\u00e9 publiquement leur intention de retourner et de r\u00e9cup\u00e9rer leurs villages forestiers traditionnels dans le parc national de Nagarahole, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s sans leur consentement ni relocalisation physiquement et culturellement appropri\u00e9e. Dans l\u2019apr\u00e8s-midi du 5 mai, environ 52 familles Jenu Kuruba ont commenc\u00e9 \u00e0 faire valoir leurs droits et ont entrepris la construction d\u2019espaces sacr\u00e9s pour leurs divinit\u00e9s, une pratique courante dans leur communaut\u00e9 lors de la r\u00e9installation d\u2019un village. La r\u00e9ponse de l\u2019\u00c9tat n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u2019engager un dialogue et de chercher des solutions, mais d\u2019envoyer 120 agents du d\u00e9partement des for\u00eats du Karnataka et de la force de protection des tigres de l\u2019\u00c9tat du Karnataka pour expulser les familles. Cette r\u00e9ponse injuste est injustifi\u00e9e, car elle ne fera qu\u2019aggraver la marginalisation et la discrimination des Jenu Kuruba. Le syst\u00e8me de conservation forteresse, qui consiste \u00e0 exclure les populations humaines des zones de conservation sans respecter les droits des peuples autochtones ayant v\u00e9cu en harmonie avec l\u2019environnement et la biodiversit\u00e9, est en place depuis des d\u00e9cennies en Inde et affecte la vie de milliers de personnes tribales. Nagarahole a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 sanctuaire de faune en 1955. En 2012, la superficie totale de la r\u00e9serve a atteint les 847,981 km2 actuels. Suite \u00e0 l\u2019introduction de la loi sur la protection de la faune de 1972, plus de 3400 familles tribales ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es, mais la plupart n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 correctement r\u00e9habilit\u00e9es. Face \u00e0 cette situation, depuis 2010, plusieurs familles Jenu Kuruba ont tent\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises de retourner \u00e0 Nagarahole, se heurtant toujours \u00e0 une r\u00e9ponse violente de l\u2019\u00c9tat. Le 19 juin 2024, l\u2019Autorit\u00e9 nationale de conservation des tigres (NTCA) a \u00e9mis une directive identifiant 64801 familles provenant de 591 villages pour une relocalisation depuis des zones d\u00e9sign\u00e9es comme habitat central\/critique des tigres. Les membres tribaux du parc national de Nagarahole ont exprim\u00e9 leur profonde pr\u00e9occupation face \u00e0 cette directive et ont exig\u00e9 que le gouvernement la retire. Ils ont \u00e9galement remis en question la l\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9claration de Nagarahole comme r\u00e9serve de tigres sans le consentement des Gram Sabhas (conseils de village) locaux, affirmant que cela viole plusieurs lois, notamment la loi Panchayat (extension aux zones r\u00e9pertori\u00e9es) de 1996 et la loi sur les droits forestiers de 2006. Nous sommes profond\u00e9ment pr\u00e9occup\u00e9s par le fait que les efforts des peuples autochtones pour rem\u00e9dier aux expulsions et faire valoir leurs droits aient \u00e9t\u00e9 accueillis par la criminalisation et la violence en toute impunit\u00e9. Par exemple, les autorit\u00e9s ont refus\u00e9 ou retard\u00e9 la reconnaissance de leurs droits forestiers, ce qui facilite leur qualification d\u2019ill\u00e9gaux et le refus de leurs droits. De plus, face \u00e0 leurs protestations contre l\u2019injustice, ils se sont retrouv\u00e9s faussement accus\u00e9s d\u2019agression contre des agents des forces de l\u2019ordre ou de trafic de contrebande. Par le pass\u00e9, plusieurs membres tribaux ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s avec des armes \u00e0 feu par des gardes forestiers.                   Bien que les peuples autochtones et leurs d\u00e9fenseurs aient tent\u00e9 de porter les cas d\u2019agression devant les tribunaux et les institutions nationales des droits humains (INDH), ceux-ci sont rest\u00e9s impunis car les autorit\u00e9s refusent d\u2019enqu\u00eater. M\u00eame l\u2019enqu\u00eate sur le meurtre en 2023 de Maasti (30 ans), un membre de la communaut\u00e9 tribale Kenu Kuruba, a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e sans suite. IPRI condamne fermement \u00e0 la fois la n\u00e9gation des droits des peuples autochtones et l\u2019usage abusif du droit p\u00e9nal ainsi que de la violence \u00e9tatique pour les punir. Ces \u00e9l\u00e9ments constituent un sch\u00e9ma classique de criminalisation \u00e0 l\u2019encontre des communaut\u00e9s et des dirigeants autochtones qui d\u00e9fendent leurs territoires, leurs droits et leurs modes de vie, ce qui est indigne d\u2019un \u00c9tat qui se dit d\u00e9mocratique et respectueux de l\u2019\u00c9tat de droit. IPRI appelle l\u2019\u00c9tat indien \u00e0 : Respecter et garantir la protection des droits des peuples tribaux sur leurs terres ancestrales. Initier imm\u00e9diatement une enqu\u00eate impartiale sur les agressions contre les membres tribaux perp\u00e9tr\u00e9es par des gardes forestiers et traduire les responsables en justice, ainsi que mettre en place des mesures de r\u00e9paration et de non-r\u00e9p\u00e9tition culturellement appropri\u00e9es. Abandonner les accusations infond\u00e9es port\u00e9es contre les dirigeants et les membres des communaut\u00e9s autochtones. Mettre fin \u00e0 la r\u00e9ponse violente contre les communaut\u00e9s tribales de retour Jenu Kuruba, Betta Kuruba, Yerava et Paniya, et \u00e9tablir un dialogue significatif pour le respect de leurs droits et de leur bien-\u00eatre. R\u00e9viser les lois et politiques relatives \u00e0 la conservation afin d\u2019assurer leur alignement avec le respect, la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones. Des \u00e9tudes scientifiques ont montr\u00e9 que les zones de biodiversit\u00e9 g\u00e9r\u00e9es par les peuples autochtones sont mieux conserv\u00e9es et prot\u00e9g\u00e9es que celles g\u00e9r\u00e9es par les gouvernements et d\u2019autres acteurs. Nous affirmons que le respect et la protection des droits des peuples autochtones au c\u0153ur de la protection de la biodiversit\u00e9 garantiront une coexistence pacifique et des mod\u00e8les de conservation efficaces. T\u00e9l\u00e9charger la d\u00e9claration ici.          <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[297],"tags":[333,325,245],"class_list":["post-86027","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-declarations","tag-conservation","tag-criminalization","tag-india"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86027","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=86027"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86027\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=86027"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=86027"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/iprights.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=86027"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}