{"id":86710,"date":"2022-05-04T11:12:14","date_gmt":"2022-05-04T11:12:14","guid":{"rendered":"https:\/\/iprights.org\/2022\/05\/04\/criminalisation-croissante-des-peuples-autochtones-rapport-de-lipri\/"},"modified":"2022-05-04T11:12:14","modified_gmt":"2022-05-04T11:12:14","slug":"criminalisation-croissante-des-peuples-autochtones-rapport-de-lipri","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iprights.org\/fr\/2022\/05\/04\/criminalisation-croissante-des-peuples-autochtones-rapport-de-lipri\/","title":{"rendered":"Criminalisation croissante des peuples autochtones: rapport de l\u2019IPRI"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" src=\"\/images\/articles\/news-and-features\/from-old-website\/growing-criminalization-against-ips.jpg#joomlaImage:\/\/local-images\/articles\/news-and-features\/from-old-website\/growing-criminalization-against-ips.jpg?width=1920&amp;height=1080\" alt=\"Criminalisation croissante des peuples autochtones: rapport de l\u2019IPRI\"><\/p>\n<div>\n<p>Le rapport annuel 2021 r\u00e9alis\u00e9 sur le terrain par Indigenous Peoples Rights International montre une criminalisation persistante des peuples autochtones, aggrav\u00e9e par un manque de volont\u00e9 politique de la part des gouvernements.<\/p>\n<p>L\u2019aper\u00e7u de la recherche \u2014 qui sera pr\u00e9sent\u00e9 dans son int\u00e9gralit\u00e9 dans les prochaines semaines \u2014 ainsi que des cas pertinents provenant de six pays prioritaires ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s lors de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00abCriminalisation des peuples autochtones et \u00e9volutions en mati\u00e8re de droit et de jurisprudence\u00bb, organis\u00e9 dans le cadre de la 21e session du Forum permanent des Nations Unies sur les questions autochtones.<\/p>\n<p>Les six pays ayant pr\u00e9sent\u00e9 des cas ont \u00e9t\u00e9 choisis parce qu\u2019ils figurent parmi ceux o\u00f9 le nombre de peuples autochtones attaqu\u00e9s et tu\u00e9s est le plus \u00e9lev\u00e9 au niveau mondial : le Br\u00e9sil, la Colombie, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, le Mexique, l\u2019Inde et les Philippines.<\/p>\n<p>La r\u00e9dactrice g\u00e9n\u00e9rale de la recherche, Joyce Godio, a pr\u00e9sent\u00e9 les tendances contenues dans le rapport. La premi\u00e8re concerne la relation entre les discours de haine et les campagnes de d\u00e9nigrement \u2014 en ligne et hors ligne \u2014 et les attaques ainsi que les violations des droits humains \u00e0 l\u2019encontre des d\u00e9fenseurs et des peuples autochtones. <\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, il est constat\u00e9 que la violence et les attaques enregistr\u00e9es s\u2019\u00e9tendent \u00e0 la dimension collective : aux organisations, aux communaut\u00e9s et aux familles des personnes attaqu\u00e9es.<br \/>Troisi\u00e8mement, pour l\u2019organisation, il appara\u00eet clairement que les dirigeants autochtones sont les principales cibles des attaques, dans le but de s\u2019en prendre aux structures de gouvernance des communaut\u00e9s et des peuples et de les affaiblir. <\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les assassinats de dirigeants autochtones sont g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s de menaces visant \u00e0 susciter la peur ou \u00e0 d\u00e9l\u00e9gitimer les efforts de plaidoyer.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, le rapport r\u00e9v\u00e8le que les cas d\u2019assassinats et de criminalisation surviennent conjointement avec d\u2019autres violations des droits humains, telles que les d\u00e9placements forc\u00e9s, la torture, les disparitions forc\u00e9es, entre autres.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, il souligne que de nombreuses violations des droits humains sont justifi\u00e9es au titre de lois de s\u00e9curit\u00e9 ou de lutte contre le terrorisme, de sorte que les militants autochtones et les d\u00e9fenseurs des droits humains sont qualifi\u00e9s de membres de groupes arm\u00e9s ou communistes, entre autres.<\/p>\n<p>Un septi\u00e8me constat rapport\u00e9 dans le rapport est que la militarisation des territoires autochtones accro\u00eet les cas de violations des droits humains, tandis que les agents de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019impunit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, il avertit que \u2014 en particulier en Am\u00e9rique latine \u2014 les gouvernements ne disposent pas de programmes ou d\u2019actions sp\u00e9cifiques pour traiter les probl\u00e8mes li\u00e9s aux groupes arm\u00e9s, ce qui rend souvent les territoires autochtones dangereux et invivables.<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9senter les cas du Mexique, l\u2019avocate yaqui Anabela Carl\u00f3n a pris la parole. Elle a soulign\u00e9 que, malgr\u00e9 sa reconnaissance comme pays soutenant les instruments internationaux relatifs aux droits des peuples autochtones, le Mexique pr\u00e9sente un niveau \u00e9lev\u00e9 de violence contre les peuples autochtones de la part de groupes de pouvoir \u00e9conomiques, politiques et criminels.<br \/>L\u2019\u00e9quipe de l\u2019IPRI a identifi\u00e9 en 2021 16 cas de graves violations des droits humains \u00e0 l\u2019encontre des peuples autochtones, tels que des meurtres, des d\u00e9placements, des pers\u00e9cutions, des disparitions forc\u00e9es et des vols de terres, ainsi que des violations du consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9.<br \/>Carl\u00f3n a pr\u00e9sent\u00e9 les cas d\u2019Aldama, Chiapas ; Paso de la Reyna, Oaxaca ; Zit\u00e1cuaro, Michoac\u00e1n ; et Repechique, Chihuahua.   <\/p>\n<p>Windel Bolinget, un militant bien connu des Philippines et lui-m\u00eame victime de criminalisation, a soulign\u00e9 que dans son pays, les peuples autochtones vivent principalement dans les montagnes riches en ressources, ce qui en fait une cible de l\u2019extractivisme. En raison de la d\u00e9fense de leurs terres, les peuples autochtones sont pers\u00e9cut\u00e9s, tandis que les lois favorisent les entreprises. Les violations constantes du consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9 entra\u00eenent des expropriations et des d\u00e9placements. Le gouvernement actuel m\u00e8ne une politique de contre-insurrection et de s\u00e9curit\u00e9 nationale qui criminalise la dissidence l\u00e9gitime et viole gravement les droits des peuples autochtones, y compris par des massacres.   <\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 br\u00e9silien, la d\u00e9fenseure autochtone Sonia Guajajara a soulign\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019heure actuelle, il existe une forte tension et des discours de haine \u00e0 l\u2019encontre des peuples autochtones, promus par le pr\u00e9sident Bolsonaro. De plus, \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections d\u2019octobre, le gouvernement acc\u00e9l\u00e8re l\u2019adoption d\u2019initiatives nuisibles aux peuples autochtones ; l\u2019une d\u2019elles est la l\u00e9galisation de l\u2019exploitation mini\u00e8re ill\u00e9gale sur les territoires autochtones. Cette activit\u00e9 est extr\u00eamement n\u00e9faste pour les peuples autochtones, car elle ne se limite pas \u00e0 la perte de leurs terres, mais s\u2019accompagne \u00e9galement de meurtres perp\u00e9tr\u00e9s par les mineurs.  <\/p>\n<p>En Inde, un premier probl\u00e8me est l\u2019absence de donn\u00e9es officielles sur les d\u00e9c\u00e8s d\u2019Adivasis en prison ou en garde \u00e0 vue, a indiqu\u00e9 Dilip Chakma. On observe une augmentation constante des violations des droits des peuples autochtones, en particulier dans les cas de criminalisation et de militarisation, o\u00f9 l\u2019impunit\u00e9 pr\u00e9vaut. Il est important que les peuples autochtones aient acc\u00e8s au syst\u00e8me judiciaire.  <\/p>\n<p>En R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, des massacres dans plusieurs provinces et des arrestations arbitraires par des \u00e9co-gardes ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en 2021. Diel Mochir\u00e9, d\u00e9fenseur autochtone pygm\u00e9e, a indiqu\u00e9 que la d\u00e9fense de leurs droits conduit \u00e0 la criminalisation des peuples autochtones et que les engagements internationaux sign\u00e9s ne sont pas mis en \u0153uvre. Pour cette raison, il a estim\u00e9 n\u00e9cessaire de mettre en place des m\u00e9canismes de suivi aux niveaux national et international.  <\/p>\n<p>La directrice ex\u00e9cutive de l\u2019IPRI, Joan Carling, a ensuite inform\u00e9 que l\u2019organisation lance un recueil de l\u00e9gislation et de jurisprudence relatif aux droits des peuples autochtones aux niveaux international, r\u00e9gional et national, en tant qu\u2019outil pouvant encourager et renforcer les actions des peuples autochtones pour faire progresser la r\u00e9alisation de leurs droits en droit et dans la pratique. Ce recueil sera une publication r\u00e9guli\u00e8re de l\u2019IPRI. <\/p>\n<p>L\u2019universitaire, activiste et \u00e9leveur de rennes sami Lars-Ander Baer a indiqu\u00e9 que, dans le cas du peuple sami, le recueil reprend des d\u00e9cisions relatives aux concessions mini\u00e8res sans consentement libre, pr\u00e9alable et \u00e9clair\u00e9 (CLPE), aux questions d\u2019auto-identification, aux parcs \u00e9oliens et aux p\u00eacheries, dans des jugements qui seront tr\u00e8s utiles, et a appel\u00e9 \u00e0 un examen d\u00e9taill\u00e9 de la publication.<\/p>\n<p>Samia Slimane, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l\u2019homme (HCDH), a convenu que la criminalisation est l\u2019une des principales violations des droits des peuples autochtones. Elle a soulign\u00e9 que le r\u00f4le des entreprises et leur responsabilit\u00e9 de respecter les droits humains sont \u00e9galement importants. Elle a aussi encourag\u00e9 les peuples autochtones \u00e0 utiliser les m\u00e9canismes des Nations Unies pour d\u00e9fendre leurs droits.  <\/p>\n<p>Victoria Tauli-Corpuz, cofondatrice de l\u2019IPRI, a soulign\u00e9 que les cas concrets expos\u00e9s montrent l\u2019ampleur de la criminalisation des peuples autochtones et nous obligent \u00e0 faire beaucoup plus pour y rem\u00e9dier. \u00abNous devons montrer au monde qu\u2019il doit agir \u00e0 ce sujet. Le racisme et la discrimination structurelle doivent \u00eatre combattus \u00e0 la racine\u00bb, a-t-elle conclu. <\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le rapport annuel 2021 r\u00e9alis\u00e9 sur le terrain par Indigenous Peoples Rights International montre une criminalisation persistante des peuples autochtones, aggrav\u00e9e par un manque de volont\u00e9 politique de la part des gouvernements. 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