{"id":87113,"date":"2021-08-10T03:43:36","date_gmt":"2021-08-10T03:43:36","guid":{"rendered":"https:\/\/iprights.org\/2021\/08\/10\/rapport-2021-de-lipri-sur-la-criminalisation-inde-2\/"},"modified":"2021-08-10T03:43:36","modified_gmt":"2021-08-10T03:43:36","slug":"rapport-2021-de-lipri-sur-la-criminalisation-inde-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iprights.org\/fr\/2021\/08\/10\/rapport-2021-de-lipri-sur-la-criminalisation-inde-2\/","title":{"rendered":"Rapport 2021 de l\u2019IPRI sur la criminalisation : Inde"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"text-align: center;\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1075\" src=\"https:\/\/iprights.org\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/india-1.JPG\" alt=\"india 1\" width=\"700\" height=\"401\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\"><em><span style=\"font-size: 10pt;\">Des membres du peuple adivasi bhil du Gujarat sont lib\u00e9r\u00e9s sous caution apr\u00e8s leur arrestation. Ils protestaient contre l\u2019acquisition de leurs terres par l\u2019entreprise d\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 et de construction Sardar Sarovar Narmada Nigam Ltd. (SSNNL). (Photo : Rajendra Tadavi)  <\/span><\/em><\/p>\n<p>Sans aucune coordination pr\u00e9alable avec les ministres en chef des \u00c9tats, le Premier ministre Narendra Modi a d\u00e9clar\u00e9 un confinement national le 23 mars 2020. La fermeture imm\u00e9diate des industries a entra\u00een\u00e9 qu\u2019environ 400 millions de travailleurs se retrouvent sans emploi en une seule journ\u00e9e<a href=\"\/#1\">.1 <\/a> Un grand nombre d\u2019entre eux sont des Adivasis, terme d\u00e9signant les peuples autochtones en Inde.* Beaucoup ont lutt\u00e9 pour survivre, le confinement ayant bloqu\u00e9 toutes leurs sources de subsistance.<a href=\"\/#2\">2<\/a> <\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur reconnaissance dans la Constitution, le gouvernement indien n\u2019a pas pris de mesures ad\u00e9quates pour prot\u00e9ger les droits des Adivasis. La lib\u00e9ralisation \u00e9conomique, la mondialisation et la privatisation ont eu des effets d\u00e9vastateurs sur le tissu social, l\u2019\u00e9conomie, la politique, la culture et la conception du d\u00e9veloppement communautaire.<br \/>La communaut\u00e9, autrefois autosuffisante, a \u00e9t\u00e9 contrainte de devenir d\u00e9pendante du gouvernement. Les Adivasis ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs terres, de leurs territoires et de leurs ressources. Ils sont expuls\u00e9s des for\u00eats pour servir les int\u00e9r\u00eats des entreprises, ce qui entra\u00eene la perte de leurs terres et leur appauvrissement.    <\/p>\n<p>Le 26 avril 2020, Narendra Modi a fait une autre \u0918\u094b\u0937\u0923\u093e, demandant aux gouvernements des \u00c9tats d\u2019assouplir le confinement en fonction de la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain. <a href=\"\/#3\">3<\/a> Cela a conduit les gouvernements des \u00c9tats \u00e0 expulser de force les Adivasis de leurs foyers, \u00e0 les priver de leurs moyens de subsistance en les d\u00e9pla\u00e7ant de leurs terres agricoles, et \u00e0 les tuer, les torturer et les criminaliser brutalement en en accusant faussement un certain nombre d\u2019entre eux d\u2019\u00eatre des Naxalites, un groupe de rebelles mao\u00efstes.<a href=\"\/#4\">4<\/a><\/p>\n<p>Puis, le 18 juin 2020, Narendra Modi a annonc\u00e9 l\u2019ouverture de 41 blocs d\u2019extraction de charbon aux ench\u00e8res virtuelles pour des entreprises priv\u00e9es.<a href=\"\/#5\">5<\/a> Il esp\u00e8re que les investissements priv\u00e9s cr\u00e9eront des milliers d\u2019emplois et permettront de relancer l\u2019\u00e9conomie indienne, en difficult\u00e9 en raison de la pand\u00e9mie.<br \/>Plus de la moiti\u00e9 des emplacements de ces 41 blocs de charbon se trouvent sur des territoires habit\u00e9s par des peuples autochtones et situ\u00e9s dans des zones foresti\u00e8res riches en biodiversit\u00e9.<a href=\"\/#6\">6<\/a> <\/p>\n<blockquote><p>\u00abL\u2019exploitation mini\u00e8re sera notre mort. Elle va d\u00e9vaster tout ce que la nature nous a donn\u00e9. Une compensation unique pour la terre ne suffit pas \u2014 nous avons besoin de bien plus que de l\u2019argent pour survivre. Nous avons besoin que la nature soit avec nous\u00bb. \u2014 Villageois du village de Ghatbarra, au Chhattisgarh<\/p><\/blockquote>\n<p>Sa d\u00e9cision menace d\u2019enfreindre certaines des lois nationales existantes de protection et de garantie des droits, notamment la loi de 2006 relative aux tribus r\u00e9pertori\u00e9es et aux autres habitants traditionnels des for\u00eats (reconnaissance des droits forestiers), la loi de 1996 sur les dispositions relatives aux panchayats (extension aux zones r\u00e9pertori\u00e9es), la loi de 1986 sur la protection de l\u2019environnement, la notification de 2006 sur l\u2019\u00e9valuation de l\u2019impact environnemental, ainsi que la loi de 2013 sur le droit \u00e0 une indemnisation \u00e9quitable et \u00e0 la transparence dans l\u2019acquisition des terres, la r\u00e9habilitation et la r\u00e9installation (LARR), entre autres.<\/p>\n<p>Les Adivasis redoutent la menace que l\u2019exploitation du charbon fait peser sur leur vie ainsi que sur leurs droits collectifs \u00e0 la terre et aux territoires, \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 culturelle et \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Leur crainte est exprim\u00e9e par un habitant du village de Ghatbarra, dans le Chhattisgarh, qui a d\u00e9clar\u00e9 : \u00abL\u2019exploitation mini\u00e8re sera notre mort. Elle va d\u00e9vaster tout ce que la nature nous a donn\u00e9. Une compensation unique pour la terre ne suffit pas \u2014 nous avons besoin de bien plus que de l\u2019argent pour survivre. Nous avons besoin que la nature soit avec nous\u00bb.<a href=\"\/#7\">7<\/a> <\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1078\" src=\"https:\/\/iprights.org\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/india-2.JPG\" alt=\"india 2\" width=\"700\" height=\"409\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><em>Des femmes adivasis kondh cuisinent \u00e0 l\u2019air libre apr\u00e8s la destruction de leurs maisons par les gardes forestiers du sud de Bhawanipatna. (Photo : Sidhart Nayak) <\/em><\/span><\/p>\n<h3><strong>D\u00c9MOLITION DES MAISONS DES KONDHS ALORS QUE LA CONSTRUCTION DE ROUTES ET L\u2019EXPLOITATION MINI\u00c8RE SONT PRIORIS\u00c9ES EN PLEINE PAND\u00c9MIE <\/strong><sup><a href=\"\/#8\">8<\/a><\/sup><\/h3>\n<p>Le 24 avril 2020, 32 familles adivasis kondh, soit 90 personnes dont 35 femmes et 20 enfants, se sont retrouv\u00e9es sans abri lorsque les gardes forestiers du sud de Bhawanipatna ont d\u00e9moli leur village situ\u00e9 sous le panchayat de Sagada*, dans le district de Kalahandi, dans l\u2019\u00c9tat d\u2019Odisha.<\/p>\n<p>Les gardes forestiers affirment que les familles ne s\u2019y sont install\u00e9es qu\u2019apr\u00e8s la d\u00e9claration du confinement, mais les villageois vivaient dans la zone depuis environ six mois avant la d\u00e9molition. Des militants et des d\u00e9fenseurs des droits ont vivement critiqu\u00e9 le moment de l\u2019expulsion, affirmant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une violation des mesures de confinement, sans parler d\u2019un acte l\u00e2che et inhumain en pleine crise sanitaire. Ils ont \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une violation de la loi sur la pr\u00e9vention des atrocit\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre des castes r\u00e9pertori\u00e9es et des tribus r\u00e9pertori\u00e9es.  <\/p>\n<p>Les villageois ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils avaient quitt\u00e9 leurs maisons ce jour-l\u00e0 pour assister \u00e0 des fun\u00e9railles dans un village voisin. En revenant le soir, ils ont \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9s de voir leurs maisons d\u00e9truites et leurs animaux de ferme disparus, les laissant vuln\u00e9rables \u00e0 la COVID-19 et souffrant de la faim. <\/p>\n<p>Les familles adivasis kondh \u00e9taient originaires du village de Nehela, situ\u00e9 dans la zone du sanctuaire de faune de Karlapat, sous le panchayat de Jugsaipatna, dans le district de Kalahandi. Elles y vivaient depuis des g\u00e9n\u00e9rations et pratiquaient l\u2019agriculture itin\u00e9rante pour subsister.<br \/>En 2017, de fortes pluies ont provoqu\u00e9 un glissement de terrain massif, laissant les villageois presque sans abri. Leurs terres agricoles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 emport\u00e9es et n\u2019ont pas pu \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es. Ils craignaient pour leur vie \u00e0 chaque saison de mousson, car des pluies torrentielles mena\u00e7aient d\u2019emporter leurs habitations, situ\u00e9es au bord d\u2019une falaise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du sanctuaire.    <\/p>\n<p>Au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, ils ont adress\u00e9 des courriers au collecteur du district et \u00e0 l\u2019agent forestier du district pour demander l\u2019octroi de titres fonciers l\u00e9gaux pour leurs habitations et leurs terres agricoles, mais leurs demandes sont rest\u00e9es sans r\u00e9ponse. Apr\u00e8s consultation avec les villageois locaux, ils ont alors d\u00e9cid\u00e9 de reconstruire leurs maisons dans le village de Sagada, situ\u00e9 \u00e0 20 kilom\u00e8tres de leur village d\u2019origine. <\/p>\n<p>Il est connu qu\u2019un projet de construction routi\u00e8re en cours est li\u00e9 au site minier propos\u00e9 de Khandualmali et \u00e0 la route nationale. La route traverserait le village de Sagada, o\u00f9 les villageois avaient construit leurs maisons. La construction de la route est en outre li\u00e9e \u00e0 un projet visant \u00e0 ouvrir la zone du sanctuaire \u00e0 l\u2019exploitation de la bauxite.  <\/p>\n<p>Le sanctuaire de faune de Karlapat compte 10 villages reconnus administrativement et neuf villages non recens\u00e9s, avec une population totale de 1 551 habitants selon une enqu\u00eate officielle de 2014. Garanties par la loi de 2006 sur les droits forestiers, la conversion des villages non recens\u00e9s en villages reconnus permettrait de les enregistrer dans les donn\u00e9es gouvernementales et de permettre aux habitants de b\u00e9n\u00e9ficier des programmes de protection sociale. Outre ces 19 villages, il existe 44 villages autour du sanctuaire, avec une population d\u2019environ 8 000 habitants. Nehela faisait partie de ces villages non recens\u00e9s, et ses habitants avaient droit \u00e0 la reconnaissance de leurs terres foresti\u00e8res et de leurs droits communautaires forestiers en vertu de la loi de 2006 relative aux tribus r\u00e9pertori\u00e9es et aux autres habitants traditionnels des for\u00eats (reconnaissance des droits forestiers). En vertu de cette loi, ils ont \u00e9galement droit \u00e0 plusieurs garanties en mati\u00e8re de r\u00e9installation ; par cons\u00e9quent, ils ne peuvent pas \u00eatre expuls\u00e9s sans leur consentement l\u00e9gal formel et sans pr\u00e9avis, et peuvent choisir leur lieu de relocalisation. Ils ont \u00e9galement droit \u00e0 une compensation financi\u00e8re ainsi qu\u2019\u00e0 la mise en place de services publics dans le village de r\u00e9installation.     <\/p>\n<p>Les familles adivasis kondh ont depuis reconstruit leurs huttes au m\u00eame endroit, en utilisant du bois, du plastique et des feuilles. Elles ont commenc\u00e9 \u00e0 cultiver la terre et \u00e0 collecter des produits forestiers, et se rendent dans la ville voisine pour travailler comme journaliers. L\u2019agression de l\u2019\u00c9tat plane toujours, et elles continueront de lutter pour leurs droits collectifs \u00e0 leurs terres.  <\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-1081\" src=\"https:\/\/iprights.org\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/india-3.JPG\" alt=\"india 3\" width=\"700\" height=\"413\" style=\"display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;\"><em><span style=\"font-size: 10pt;\">Ladu Nag, wife of imprisoned Neta Nag, faces uncertain future with her grandchild. (Photo: Siraj Dutta) <\/span><\/em><\/p>\n<h3><strong>CRIMINALISATION DU MOUVEMENT PATHALGARI CONDUISANT \u00c0 DES ARRESTATIONS ET \u00c0 LA D\u00c9TENTION<\/strong><\/h3>\n<p>Le mouvement Pathalgari de la communaut\u00e9 adivasi munda est criminalis\u00e9 pour avoir lutt\u00e9 en faveur de ses droits collectifs \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination et \u00e0 la protection de ses terres, territoires et ressources.<\/p>\n<p>Ladu Nag, \u00e2g\u00e9e de 46 ans et issue de la communaut\u00e9 adivasi munda, est contrainte de vivre seule apr\u00e8s que son mari, Neta Nag, r\u00e9sident du village de Kevda dans le district de Khunti, au Jharkhand, a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 en avril 2018. La police de Murhu a engag\u00e9 une proc\u00e9dure<a href=\"\/#9\">9 <\/a>contre lui, ainsi que contre 11 autres personnes, dont une femme \u2014 deux issues de la communaut\u00e9 Oraon et neuf de la communaut\u00e9 adivasi munda \u2014 le 13 mars 2018. Ils ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d\u2019avoir mobilis\u00e9 une grande foule arm\u00e9e sans pr\u00e9avis ni autorisation, d\u2019avoir pris le contr\u00f4le du poste de police et d\u00e9sarm\u00e9 des agents. Ils auraient incit\u00e9 la population lors d\u2019une r\u00e9union publique organis\u00e9e pour \u00e9riger une st\u00e8le \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du village. Cela aurait pr\u00e9tendument entrav\u00e9 les travaux publics et troubl\u00e9 l\u2019ordre public. Ils ont \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s de s\u00e9dition en vertu du Code p\u00e9nal indien.     <\/p>\n<p>Ces all\u00e9gations sont li\u00e9es au mouvement Pathalgari, une r\u00e9sistance autonome des Adivasis munda du district de Khunti, au Jharkhand, qui vise \u00e0 r\u00e9affirmer leurs droits collectifs sur leurs terres, territoires et ressources.<a href=\"\/#10\">10<\/a><br \/>\u00abPathalgari\u00bb est un terme qui d\u00e9signe une coutume adivasi consistant \u00e0 \u00e9riger des st\u00e8les en pierre en l\u2019honneur de leurs anc\u00eatres, pour annoncer des d\u00e9cisions importantes concernant leurs familles et leurs villages, ou simplement pour marquer les limites de leurs villages.<br \/>Le mouvement Pathalgari a d\u00e9but\u00e9 le 9 f\u00e9vrier 2017 dans le village de Bhandra, dans le district de Khunti, au Jharkhand. Il a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour protester contre l\u2019adoption d\u2019une ordonnance modifiant la loi sur l\u2019acquisition des terres (amendement du Jharkhand) en 2016 ainsi que des projets de loi adopt\u00e9s en 2017. Ces modifications affaibliraient deux lois de protection des terres destin\u00e9es aux Adivasis, \u00e0 savoir la loi de 1908 sur la tenure fonci\u00e8re du Chhotanagpur et la loi de 1949 sur la tenure fonci\u00e8re du Santhal Pargana.   <\/p>\n<p>Neta Nag n\u2019avait jamais particip\u00e9 \u00e0 aucune activit\u00e9 du mouvement, mais il fait d\u00e9sormais face \u00e0 des accusations de s\u00e9dition ainsi qu\u2019\u00e0 des violations de plusieurs autres dispositions du Code p\u00e9nal indien. <a href=\"\/#11\">11 <\/a>S\u2019il perd la bataille judiciaire, il risque la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p>Esp\u00e9rant obtenir la lib\u00e9ration sous caution de son mari, Ladu a hypoth\u00e9qu\u00e9 leurs parcelles de terres agricoles ainsi que leurs arbres fruitiers.<a href=\"\/#13\"> <\/a><a href=\"\/#12\">12<\/a> Apr\u00e8s avoir vers\u00e9 100 000 roupies (1 400 USD) \u00e0 l\u2019avocat, Neta croupit toujours dans la prison du district de Dumka.<br \/>Le couple a trois fils, dont deux sont \u00e9galement en prison en raison d\u2019accusations selon lesquelles ils seraient membres d\u2019une organisation naxalite.<sup>13<\/sup> <\/p>\n<p>Depuis l\u2019arrestation de son mari, Ladu lutte pour survivre. Elle et son mari travaillaient comme ouvriers agricoles. Elle ne lui a pas rendu visite, faute de moyens pour payer le trajet de 400 kilom\u00e8tres entre leur village et la prison du district de Dumka. Avec l\u2019imposition du confinement pour faire face \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19, sa situation est devenue encore plus difficile, car elle n\u2019a pas pu travailler pendant les neuf mois de confinement dans la r\u00e9gion. M\u00eame apr\u00e8s sa lev\u00e9e, les impacts \u00e9conomiques de la pand\u00e9mie ont rendu encore plus difficile pour elle de trouver un quelconque emploi.    <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9preuve v\u00e9cue par Neta et Ladu Nag n\u2019est pas un cas isol\u00e9. Environ 10 000 Adivasis issus des communaut\u00e9s munda, oraon et santhal* ont \u00e9t\u00e9 criminalis\u00e9s par l\u2019\u00c9tat en lien avec le mouvement Pathalgari.<a href=\"\/#14\">14<\/a><br \/>Ces attaques visent le droit des Adivasis \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination. Le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), a r\u00e9prim\u00e9, terroris\u00e9 et criminalis\u00e9 les revendications l\u00e9gitimes du mouvement Pathalgari. Il s\u2019agit de l\u2019un des exemples r\u00e9cents les plus graves de criminalisation de la communaut\u00e9 adivasi munda par le gouvernement indien.   <\/p>\n<p>La police du Jharkhand a enregistr\u00e9 30 affaires contre 11 776 villageois, dont seulement 316 sont actuellement nomm\u00e9s, les autres restant non identifi\u00e9s, dans trois districts de l\u2019\u00c9tat du Jharkhand. <a href=\"\/#15\">15<\/a><br \/>Sur ces 30 affaires, 20 concernent des accusations de s\u00e9dition d\u00e9pos\u00e9es en vertu des articles 121A et 124A du Code p\u00e9nal indien. Ils sont accus\u00e9s de mener une guerre contre l\u2019\u00c9tat indien pour avoir \u00e9tabli leurs Gram Sabhas traditionnelles (conseils de village) comme autorit\u00e9 supr\u00eame dans les villages.<a href=\"\/#16\">16<\/a><br \/>La police a soumis des actes d\u2019accusation au tribunal contre 8 190 personnes accus\u00e9es <a href=\"\/#17\">17,<\/a> en lien avec l\u2019ensemble des 30 affaires, dont 115 sont emprisonn\u00e9es et la plupart croupissent encore dans diff\u00e9rentes prisons du Jharkhand. Par cons\u00e9quent, 207 villageois ont pris la fuite par crainte d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9s par la police.  <\/p>\n<p>Personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 sous caution, m\u00eame parmi ceux emprisonn\u00e9s depuis 2017. Avec la pand\u00e9mie, aucune audience judiciaire n\u2019a eu lieu en 2020 dans le cadre des mesures visant \u00e0 faire face \u00e0 la crise sanitaire, ce qui a entra\u00een\u00e9 douleur et souffrance pour les familles dont les membres actifs restent en prison. <\/p>\n<p><em>Lisez et t\u00e9l\u00e9chargez le rapport complet annuel 2021 de l\u2019IPRI sur la criminalisation <a href=\"https:\/\/iprights.org\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/IPRI-annual-criminalisation-report_FINAL.pdf\">ici.<\/a><\/em><\/p>\n<hr>\n<div id=\"1\"><span style=\"font-size: 10pt;\">1. The Economic Times. \u201cCOVID-19 crisis can push 40 crore informal sector workers in India deeper into poverty: ILO.\u201d April 7, 2020.   <a href=\"https:\/\/economictimes.indiatimes.com\/news\/politics-and-nation\/covid-19-crisis-can-push-40-crore-informal-sector-workers-in-india-deeper-into-poverty-ilo\/articleshow\/75032778.cms?from=mdr\">https:\/\/economictimes.indiatimes.com\/news\/politics-and-nation\/covid-19-crisis-can-push-40-crore-informal-sector-workers-in-india-deeper-into-poverty-ilo\/articleshow\/75032778.cms?from=mdr<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"2\"><span style=\"font-size: 10pt;\">2. Sushmita. \u201cPandemic unleashes fresh hell for India\u2019s Adivasis.\u201d The Third Pole. December 16, 2020.    <a href=\"https:\/\/www.thethirdpole.net\/en\/livelihoods\/pandemic-unleashes-fresh-hell-for-indias-adivasis\/\">https:\/\/www.thethirdpole.net\/en\/livelihoods\/pandemic-unleashes-fresh-hell-for-indias-adivasis\/<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"3\"><span style=\"font-size: 10pt;\">3. The Economic Times. \u201cCOVID-19 crisis can push 40 crore informal sector workers in India deeper into poverty: ILO.\u201d 2020. <\/span><\/div>\n<div id=\"4\"><span style=\"font-size: 10pt;\">4. Aljazeera. \u201cIndia\u2019s Maoist rebels: An explainer.\u201d April 26, 2017.   <a href=\"https:\/\/www.aljazeera.com\/features\/2017\/4\/26\/indias-maoist-rebels-an-explainer\">https:\/\/www.aljazeera.com\/features\/2017\/4\/26\/indias-maoist-rebels-an-explainer<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"5\"><span style=\"font-size: 10pt;\">5. The Hindu. \u201cNarendra Modi launches auction process for 41 coal blocks for commercial mining.\u201d June 18, 2020. <a href=\"https:\/\/www.thehindu.com\/news\/national\/narendra-modi-launches-auction-process-for-41-coal-blocks-for-commercial-mining\/article31858048.ece\">https:\/\/www.thehindu.com\/news\/national\/narendra-modi-launches-auction-process-for-41-coal-blocks-for-commercial-mining\/article31858048.ece<\/a>  <\/span><\/div>\n<div id=\"6\"><span style=\"font-size: 10pt;\">6. Nandi, Jayashree and Anisha Dutta. \u201cCoal mine auction opens up vast stretches of forests in central India for mining, show documents.\u201d Hindustan Times. June 18, 2020.    <a href=\"https:\/\/www.hindustantimes.com\/india-news\/coal-mine-auction-opens-up-vast-stretches-of-forests-in-central-india-for-mining-show-documents\/story-1SdToixA4Dcomld0op8lzH.html\">https:\/\/www.hindustantimes.com\/india-news\/coal-mine-auction-opens-up-vast-stretches-of-forests-in-central-india-for-mining-show-documents\/story-1SdToixA4Dcomld0op8lzH.html<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"7\"><span style=\"font-size: 10pt;\">7. Cassey, Brian. \u201cIndia\u2019s ancient tribes battle to save their forest home from mining.\u201d The Guardian. February 10, 2020.    <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2020\/feb\/10\/indias-ancient-tribes-battle-to-save-their-forest-home-from-mining\">https:\/\/www.theguardian.com\/environment\/2020\/feb\/10\/indias-ancient-tribes-battle-to-save-their-forest-home-from-mining<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"8\"><span style=\"font-size: 10pt;\">8. Based from documentation of research consultant with additional references: Dhar Dubey, Mithilesh. \u201cThe Odisha Forest Department demolishes homes of 32 tribal families amid the lockdown, Goan Connection.\u201d Gaon Collection. April 28, 2020. <a href=\"https:\/\/en.gaonconnection.com\/the-odisha-forest-department-demolishes-homes-of-32-tribal-families-in-kalahandi-amid-the-nationwide-lockdown\/\">https:\/\/en.gaonconnection.com\/the-odisha-forest-department-demolishes-homes-of-32-tribal-families-in-kalahandi-amid-the-nationwide-lockdown\/<\/a>; Shankar Dash, Surya. April 2020. \u201cOdisha Government\u2019s relentless persecution of Adivasis continues even during the Lockdown in Ground Xero.\u201d Grond Xero. April 25, 2020. <a href=\"https:\/\/www.groundxero.in\/2020\/04\/25\/odisha-governments-relentless-persecution-of-adivasis-continue-even-during-the-lockdown\/\">https:\/\/www.groundxero.in\/2020\/04\/25\/odisha-governments-relentless-persecution-of-adivasis-continue-even-during-the-lockdown\/<\/a> Click. April 29, 2020.         <a href=\"https:\/\/www.newsclick.in\/Odisha-32-Tribal-Families-Kalahandi-Rendered-Homeless-Forest-Department-Lockdown\">https:\/\/www.newsclick.in\/Odisha-32-Tribal-Families-Kalahandi-Rendered-Homeless-Forest-Department-Lockdown<\/a><\/span><\/div>\n<div id=\"9\"><span style=\"font-size: 10pt;\">9. Murhu Police Station. FIR registered Case No. 20\/18. March 13, 2018.  <\/span><\/div>\n<div id=\"10\"><span style=\"font-size: 10pt;\">10. Read more on the Pathalgari Movement in Dungdung, Gladson. \u201cWhy is the State Afraid of Pathalgari?\u201d Ranchi: Adivasi Publications.   2018.<\/span><\/div>\n<div id=\"11\"><span style=\"font-size: 10pt;\">11. Murhu Police Station. FIR registered Case No. 20\/18. March 13, 2018.  <\/span><\/div>\n<div id=\"12\"><span style=\"font-size: 10pt;\">12. Jharkhand Janadhikar Mahasabha. \u201cKhunti&rsquo;s extremely poor Neta Nag incarcerating in jail since four years.\u201d YouTube. January 25, 2021. <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=148LOHHlT4U&amp;feature=youtu.be\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=148LOHHlT4U&amp;feature=youtu.be<\/a>   <\/span><\/div>\n<div id=\"13\"><span style=\"font-size: 10pt;\">13. Aljazeera. \u201cIndia\u2019s Maoist rebels: An explainer.\u201d 2017. <\/span><\/div>\n<div id=\"14\"><span style=\"font-size: 10pt;\">14. Sharma, Supriya. \u201c10,000 people charged with sedition in Jharkhand district. What does democracy means here?\u201d Scroll. November 19, 2019. <a href=\"https:\/\/scroll.in\/article\/944116\/10000-people-charged-with-sedition-in-one-jharkhand-district-what-does-democracy-mean-here\">https:\/\/scroll.in\/article\/944116\/10000-people-charged-with-sedition-in-one-jharkhand-district-what-does-democracy-mean-here<\/a>   <\/span><\/div>\n<div id=\"15\"><span style=\"font-size: 10pt;\">15. Department of Home Affairs \u2013 Government of Jharkhand. \u201cStatus report from Right to Information Act 2005.\u201d Deputy Commissioner of Khunti, December 2020. December 2020.   <\/span><\/div>\n<div id=\"16\"><span style=\"font-size: 10pt;\">16. Department of Home Affairs \u2013 Government of Jharkhand. \u201cStatus report from Right to Information Act 2005.\u201d <\/span><\/div>\n<div id=\"17\"><span style=\"font-size: 10pt;\">17. Department of Home Affairs \u2013 Government of Jharkhand. \u201cStatus report from Right to Information Act 2005.\u201d <\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des membres du peuple adivasi bhil du Gujarat sont lib\u00e9r\u00e9s sous caution apr\u00e8s leur arrestation. Ils protestaient contre l\u2019acquisition de leurs terres par l\u2019entreprise d\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 et de construction Sardar Sarovar Narmada Nigam Ltd. (SSNNL). 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