Journée des droits humains 2020 : une organisation mondiale de peuples autochtones souligne la dimension collective de la criminalisation et des violences contre les peuples autochtones.

Journée des droits humains 2020 : une organisation mondiale de peuples autochtones souligne la dimension collective de la criminalisation et des violences contre les peuples autochtones.

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains 2020, Indigenous Peoples Rights International (IPRI), une organisation mondiale qui défend les droits individuels et collectifs des peuples autochtones, a organisé le webinaire intitulé «Vivre sous la menace: répondre aux impacts collectifs de l’augmentation des violences et de la criminalisation des peuples autochtones» le 9 décembre 2020.

Le webinaire a offert un espace aux organisations autochtones partenaires et à leurs alliés au Brazil, en Colombia, au Mexico et aux Philippines pour partager les particularités de la criminalisation et des violences exercées contre les peuples autochtones dans ces pays, tout en mettant en lumière la dimension collective des violations des droits humains à leur encontre.

L’événement a accueilli Sonia Guajajara de l’Articulação dos Povos Indígenas do Brasil (APIB) au Brazil, Leonor Zalabata Torres du peuple Arhuaco de la Sierra Nevada en Colombia, Abel Barrera du Centro de Derechos Humanos de la Montaña-Tlachinollan au Mexico, ainsi que Mai Taqueban du Legal Rights and Natural Resources Center/Kasama sa Kalisakan (LRC-KSK) aux Philippines.
L’événement a été modéré par la codirectrice de Indigenous Peoples Rights International (IPRI) et ancienne rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, Victoria Tauli-Corpuz.

La présentation de Sonia Guajajara s’est concentrée sur les violences et la criminalisation dans le contexte du recul des droits reconnus au Brazil. Elle a expliqué comment le président brésilien Jair Bolsonaro a perpétué des attaques systématiques contre les peuples autochtones.

Dans le contexte de la Colombia, Leonor Zalabata a partagé la situation des peuples autochtones après les accords de paix ainsi que le mépris persistant envers leur autodétermination, leur autonomie et leur autogouvernance. Elle a expliqué comment le modèle économique hégémonique actuel porte atteinte au mode de vie des peuples autochtones et comment le gouvernement colombien manipule la loi afin d’affaiblir leur autonomie et leur autogouvernance.

Abel Barrera a présenté la force des peuples autochtones face aux anciennes et nouvelles menaces liées au développement non durable au Mexico.

Mai Taqueban a approfondi la question de la criminalisation et des violences exercées contre les peuples autochtones sous l’administration philippine actuelle. Les Philippines ont connu une réduction accrue de l’espace démocratique, illustrée notamment par la promulgation de la loi de la République n° 11479, ou Loi antiterroriste de 2020.

En septembre 2018, Victoria Tauli-Corpuz, durant son mandat de rapporteuse spéciale, a signalé au Conseil des droits de l’homme l’aggravation de la criminalisation des défenseurs autochtones des droits humains. Elle a rappelé les études du «Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme et du Rapporteur spécial sur les droits humains et l’environnement, qui ont lancé des alertes concernant “une crise mondiale” d’attaques contre les défenseurs environnementaux des droits humains, soulignant que nombre de ces défenseurs sont membres de communautés autochtones».

Avec la pandémie de COVID-19, la question de la criminalisation des peuples autochtones s’est encore aggravée. Dans son rapport semestriel publié en août, Indigenous Peoples Rights International (IPRI) a souligné la manière dont certains gouvernements ont profité de la pandémie pour mettre en œuvre des lois et des politiques davantage efficaces pour restreindre les libertés fondamentales que pour freiner la propagation de la COVID-19. Le rapport mettait également en évidence les menaces imminentes liées à plusieurs plans gouvernementaux de relance économique reposant largement sur l’exploitation de l’environnement et des ressources naturelles, lesquelles se situent majoritairement sur les territoires des peuples autochtones.

La série de webinaires organisée par Indigenous Peoples Rights International (IPRI) dans le cadre du 9e Forum des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l’homme, tenu du 16 au 18 novembre, a également mis en lumière les enjeux liés aux plans de relance économique post-COVID-19. Elle a soulevé la question des responsabilités des entreprises en matière de violations des droits humains des peuples autochtones dans les zones où elles exercent leurs activités.

Des préoccupations similaires ont également été mises en évidence dans de nombreux cas soutenus par Indigenous Peoples Rights International (IPRI) en Afrique, dans l’Arctique, en Asie et en Amérique latine à travers son Fonds de défense juridique et son programme de plaidoyer. Ces affaires ont également révélé qu’un seul cas implique généralement de multiples violations des droits humains touchant à la fois les droits individuels et collectifs des peuples autochtones.
En outre, dans les situations impliquant des attaques contre un défenseur autochtone des droits humains, la sécurité de l’ensemble du groupe ou de la communauté autochtone auquel il ou elle appartient est également compromise.

La criminalisation et les violences exercées contre les peuples autochtones sont souvent liées à leurs droits collectifs sur les terres, les territoires et les ressources naturelles. Les récits des luttes des peuples autochtones pour défendre leur autodétermination, leur autonomie et leur autogouvernance, ainsi que leurs terres, territoires et ressources naturelles à travers le monde, présentent de nombreuses similitudes. Ces expériences communes ont constitué le fondement des mouvements autochtones mondiaux, les poussant à s’unir et à faire preuve de solidarité les uns envers les autres.
Cependant, ces luttes similaires se déroulent dans des contextes politiques variés, qui peuvent être propres aux structures et aux processus d’un État particulier.

Cela a été approfondi lors du webinaire organisé par Indigenous Peoples Rights International (IPRI) à l’occasion de la Journée des droits humains 2020, au cours duquel les intervenants ont mis en lumière les spécificités de leurs luttes dans leurs contextes politiques nationaux respectifs.
L’IPRI a exprimé l’espoir que ce webinaire récemment conclu ait davantage souligné que les peuples autochtones ne pourront se relever durablement de cette pandémie et prévenir de futures crises similaires que si chacun se tient aux côtés des autres peuples autochtones pour défendre leurs droits à l’autodétermination ainsi qu’à leurs terres, territoires et ressources.

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