Colombie: Déclaration sur l’assassinat de la dirigeante autochtone colombienne Sandra Peña

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Avec colère, indignation et douleur, nous informons et dénonçons devant les institutions de l’État colombien, les organisations internationales et le grand  public  que:

Aujourd’hui, la leader autochtone du peuple Nasa, Sandra Liliana Peña Chocué, qui était gouverneure de Laguna Siberia, dans la municipalité de Caldono, dans le nord du Cauca, a été assassinée:

Selon les informations disponibles à ce jour, quatre hommes armés sont arrivés au domicile de Sandra. Ils l’ont forcée à sortir et lui ont tiré dessus sans dire un mot. Sandra, en tant qu’autorité, avait auparavant rejeté la culture de plantations illicites qui augmentait dans son territoire.

Le Bureau du Défenseur du peuple avait averti, à travers l’alerte précoce 040 de 2020, des risques encourus par les communautés autochtones en raison de la présence d’acteurs armés illégaux. Cependant, les autorités n’ont pas adopté de mesures pour garantir la protection collective de la communauté.
Les territoires autochtones, paysans et afrodescendants sont disputés par près d’une dizaine de groupes armés et d’autres acteurs aux intérêts économiques, en raison de l’importance géostratégique de ces territoires. En conséquence, les communautés sont soumises à des déplacements forcés, à l’abandon et au confinement.

L’assassinat de Sandra aggrave la grave crise des droits humains à laquelle sont confrontés les défenseurs des droits humains et les communautés autochtones qui défendent sans relâche leurs territoires ainsi que leur survie physique et culturelle en Colombie.

On compte désormais 1 166 défenseurs des droits humains assassinés depuis la signature de l’Accord de paix en Colombie, et 52 depuis le début de l’année 2021.  Ces assassinats doivent cesser immédiatement et justice doit être rendue sans délai aux familles des victimes.

Nous appelons le gouvernement colombien à:

1. Adopter toutes les mesures de protection individuelles et collectives afin de garantir le droit à la vie et à l’intégrité personnelle des communautés autochtones et de leurs leaders, en tenant compte du risque aggravé par la pandémie de COVID-19 et les processus socio-économiques en cours dans leurs territoires ; et

2. Enquêter et sanctionner avec rapidité et diligence les assassinats et agressions contre les leaders autochtones et les membres des communautés.

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