Des réfugiés karens transportant leurs effets personnels sont visibles sur la rive du fleuve Salween, dans la province de Mae Hong Son, en Thaïlande, le 29 mars 2021 [Organisation des femmes karens/document distribué via Reuters]
Nous sommes solidaires des peuples de Birmanie/Myanmar !
Un appel à la démocratie, à la paix et à la justice en Birmanie/Myanmar.
L’Indigenous Peoples Rights International (IPRI) se tient aux côtés des nationalités ethniques, des groupes ethniques et de la société civile de Birmanie/Myanmar dans leur lutte pour le rétablissement de la démocratie, de la paix et de la justice dans le pays. Les peuples autochtones du Myanmar sont connus comme des nationalités et groupes ethniques, au nombre de plus de 130, représentant environ 30 % de la population totale.
Le 1er février 2021, quelques heures avant la première session prévue du parlement récemment élu du Myanmar, la Tatmadaw (armée du Myanmar) a lancé un coup d’État et arrêté et détenu les dirigeants de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), dont Aung San Suu Kyi. Les manifestations qui ont éclaté dans différentes régions du pays ont été réprimées par la violence, la torture, l’emprisonnement et des meurtres. Les droits démocratiques à la liberté d’expression, ainsi qu’à la réunion et à l’association pacifiques, sont ouvertement restreints par les autorités militaires, et la violence se poursuit.
Les peuples autochtones de Birmanie/Myanmar sont durement affectés par les violences récentes de la Tatmadaw. Le coup d’État constitue une attaque contre le processus de démocratisation du pays. Il affaiblit les accords de cessez-le-feu et les pourparlers de paix entre la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) et les groupes armés des nationalités et groupes ethniques, qui avaient été établis pour se défendre et protéger leurs territoires.
Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation au Myanmar a indiqué qu’environ 3 200 personnes ont été arrêtées, 737 ont été tuées et près de 250 000 ont été déplacées. Des rapports confirment que, depuis la fin mars, des bombardements aériens répétés dans l’État Karen ont fait 19 morts, 40 blessés et déplacé des milliers de personnes, dont la plupart appartiennent à des nationalités ethniques.
La Tatmadaw a intensifié ses opérations militaires dans les États Kachin et Karenni, tandis que plus de 1 000 personnes ont été déplacées et tuées dans l’État Shan. Des milliers de personnes fuyant pour se mettre en sécurité ont été soit empêchées par la Tatmadaw de quitter leurs communautés, soit refoulées par les autorités thaïlandaises, soit laissées sans moyens de subsistance dans les zones d’évacuation ou les lieux de refuge. De même, les actions de protestation dans l’État Chin ont également été réprimées avec violence, entraînant la mort de plusieurs jeunes hommes et femmes autochtones chin.
Les attaques brutales de l’armée contre des manifestants pacifiques doivent cesser. La Tatmadaw doit être tenue responsable de ses violations massives des droits humains, y compris des violations des droits des nationalités et groupes ethniques qui exercent leurs droits et libertés fondamentaux et revendiquent leur droit à l’autodétermination. Toutes les personnalités politiques et les civils détenus doivent être libérés, et le gouvernement démocratiquement élu doit être rétabli.
Nous appelons la communauté internationale à se tenir solidaire des peuples de Birmanie/Myanmar et exhortons les Nations Unies à intervenir pour le rétablissement de la démocratie et de la paix en Birmanie/Myanmar. La prise de pouvoir forcée par l’armée ne porte pas seulement atteinte aux droits démocratiques du peuple, mais aussi aux droits collectifs des peuples autochtones à l’autodétermination, y compris à l’autonomie politique.
Nous appelons le Forum permanent des Nations Unies, le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones et le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones à exprimer collectivement leur vive préoccupation face aux violations massives des droits humains des peuples autochtones en Birmanie/Myanmar.
Les Nations Unies et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) doivent soutenir pleinement le rétablissement du gouvernement démocratiquement élu en Birmanie/Myanmar et veiller à ce que la Tatmadaw soit tenue responsable de ses attaques brutales contre la population.
Aux côtés d’autres peuples autochtones, l’IPRI appelle le public à soutenir les aspirations des peuples de Birmanie/Myanmar à la paix, à la justice et à la démocratie, ainsi qu’au respect des droits des peuples autochtones au Myanmar.
