Inquiétude face à de nouvelles attaques armées contre des communautés autochtones et à la persistance de l’impunité dans l’État de Chiapas

L’Indigenous Peoples Rights International (IPRI) et Front Line Defenders expriment leur profonde inquiétude face à une nouvelle vague d’attaques contre des communautés autochtones tzotziles et tzeltales dans l’État de Chiapas, dans le sud du Mexique. Au cours des premiers jours de 2022, des organisations locales ont signalé des attaques armées, des disparitions et des actes de violence contre la population civile et les défenseurs des droits humains dans les municipalités d’Aldama, Ocosingo, Chalchihuitán, Chenalhó, Chilón, Pantelhó et d’autres localités de l’État de Chiapas.

Les communautés affectées ont indiqué que l’impunité persistante liée à ces attaques a engendré un climat d’insécurité conduisant à des déplacements forcés. Les communautés autochtones ont également signalé que des groupes armés issus de forces paramilitaires maintiennent une forte présence et cherchent à contrôler le territoire de la région. L’Indigenous Peoples Rights International (IPRI) a documenté des témoignages directs de membres des communautés mentionnant que ces groupes seraient prétendument constitués par les fils de ces paramilitaires formés par l’armée mexicaine dans les années 1990. Ils indiquent également que ces groupes reproduisent des pratiques d’intimidation visant à entraver l’exercice des droits collectifs des peuples autochtones et des organisations communautaires.

Front Line Defenders et l’Indigenous Peoples Rights International expriment leur inquiétude concernant… case …de l’assassinat d’un défenseur autochtone des droits humains. Simón Pedro Pérez López  le 5 juillet 2021, dans le chef-lieu municipal de Simojovel, demeure impuni en raison du manque d’avancées dans l’enquête. Cette impunité a permis la perpétration de nouveaux actes de violence, qui continuent d’affecter le tissu social et la sécurité des communautés organisées.
Simón Pedro Pérez López était membre de l’organisation de la société civile…  Las Abejas de Acteal.

Depuis le 5 janvier 2022, les organisations soussignées ont reçu des informations faisant état d’attaques constantes menées par des groupes armés contre la population civile des communautés autochtones de Chivit, Stzelejpotobtik, Yeton, Xuxchen, Tabac, Juxton, Coco’, Stselej Potov ainsi que le chef-lieu municipal d’Aldama, dans l’État de Chiapas. Le même jour, les autorités gouvernementales du Chiapas ont été alertées par des habitants de la municipalité d’Aldama au sujet d’explosions sur leur territoire.

Le 9 janvier 2022, des tirs ont continué à se produire dans différentes parties de la municipalité d’Aldama. Dans le village de Xuxch, tsotsil…  Javier Hernández de la Torre a été blessé par balle alors qu’il se rendait, avec sa famille, à sa plantation de café. Javier Hernández de la Torre est membre des bases de soutien de l’Ejército Zapatista de Liberación Nacional (EZLN). Il se rétablit actuellement à l’hôpital après qu’une balle lui a traversé la tête.

Le 10 janvier 2022, un jeune homme autochtone, Lorenzo Gómez Ruíz est décédé des suites d’une blessure par balle dans la communauté de Stzelejpotobtik, alors qu’il recevait des soins médicaux à l’hôpital de San Cristóbal de las Casas.
Le même jour, vers 1 heure du matin, un groupe d’environ 15 personnes cagoulées et armées est entré dans la communauté autonome de 16 de Febrero, située dans la municipalité d’Ocosingo. Le groupe armé a agressé physiquement un mineur et a contraint une femme membre de la communauté, Hilaria Hernández Gómez, à quitter son domicile avec son fils de 3 ans, Tomás López Hernández.
Bien que Mme Hernández et ses trois enfants aient été retrouvés vivants par la suite, des organisations locales signalent que le groupe armé continue d’occuper les terres de la communauté.

Les communautés autochtones de l’État de Chiapas qui ont été attaquées lors de ces événements ont défendu pacifiquement leurs droits collectifs au territoire, à l’autonomie et à l’autodétermination. Ces droits sont défendus collectivement, à travers des pratiques qui construisent leur autodétermination.
Les attaques armées contre ces communautés représentent une tentative de porter atteinte au tissu communautaire ainsi qu’à l’engagement collectif de préserver leurs droits.

Les organisations soussignées s’opposent aux niveaux élevés de violence contre les défenseurs des droits des peuples autochtones dans l’État de Chiapas, en particulier dans les municipalités d’Aldama, Ocosingo, Chalchihuitán, Chenalhó, Chilón et Pantelhó, et réitèrent leur inquiétude face au climat d’impunité ainsi qu’au manque de conditions de sécurité adéquates pour ces formes communautaires de défense des droits humains dans l’État de Chiapas.

Nous appelons les autorités fédérales et étatiques à faire la lumière sur les nouveaux actes de violence, à mener une enquête avec toute la diligence requise afin de traduire rapidement les responsables en justice, et à garantir que les communautés de défenseurs puissent vivre dans un environnement sûr leur permettant de défendre et d’exercer leurs droits humains, tant collectifs qu’individuels.

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