Déclaration aux médias sur les menaces d’expulsion des pasteurs masaï dans la région de Loliondo et dans le parc national du Ngorongoro en Tanzania

Déclaration aux médias sur les menaces d’expulsion des pasteurs masaï dans la région de Loliondo et dans le parc national du Ngorongoro en Tanzania Comment pouvons-nous survivre dignement si nous sommes expulsés de nos terres?
17 février 2022 – En réponse au plan injuste du gouvernement de la Tanzania visant à expulser au moins 70 000 pasteurs autochtones masaï de leurs terres coutumières légalement reconnues dans la région de Loliondo, Indigenous Peoples Rights International soumet cette lettre ouverte au gouvernement de la Tanzania ainsi qu’à Otterlo Business Corporation, les exhortant à mettre fin à ce projet. 480 organisations et 4 747 citoyens de 133 pays ont signé cette lettre, démontrant une large solidarité internationale en faveur des pasteurs masaï concernés. Ces organisations incluent des réseaux de peuples autochtones et des défenseurs, des ONG internationales de droits humains telles que Amnesty International et Oxfam, des organisations environnementales comme World Wide Fund for Nature et Greenpeace, ainsi que des étudiants, avocats et militants. Cette mobilisation doit être reconnue par le gouvernement de la Tanzania, qui doit garantir le respect et la protection des droits des pasteurs masaï à leurs terres et à leurs moyens de subsistance.
Un dirigeant masaï des communautés menacées a déclaré: «Nous vivons et préservons cet endroit depuis des décennies en harmonie avec notre bétail et la faune. Cependant, le gouvernement cible nos terres riches en biodiversité pour des projets commerciaux avec de riches étrangers, qui nous déplaceront et affaibliront notre patrimoine culturel et nos moyens de subsistance. Comment pouvons-nous survivre dignement si nous sommes expulsés de nos terres? Nous avons besoin d’un soutien mondial pour exiger de notre gouvernement qu’il respecte notre droit de vivre en paix sur nos terres coutumières.» Le plan d’expulsion dans la région de Loliondo vise à transformer ces terres en zone de chasse pour les familles royales de Dubaï propriétaires de Otterlo Business Corporation. Dans le parc national du Ngorongoro, environ 70 000 autres pasteurs masaï sont également menacés d’expulsion sur la base des recommandations de la Commission du patrimoine de l’UNESCO, selon une approche de « conservation forteresse», ignorant leur coexistence historique avec l’environnement.

Ces menaces d’expulsion, à la fois au nom de la conservation et d’intérêts commerciaux, sont particulièrement alarmantes dans le contexte de l’objectif mondial de conservation de 30% de la biodiversité d’ici 2030 («30×30»). Il est évident que les droits et le bien-être des peuples autochtones ne sont pas seulement marginalisés, mais clairement violés, tandis que leurs contributions essentielles à la biodiversité sont ignorées. Indigenous Peoples Rights International exprime sa profonde inquiétude quant au fait que cet objectif puisse entraîner des déplacements massifs, aggraver la pauvreté et la faim, accroître les conflits et les violences, notamment contre les femmes et les filles autochtones, et conduire à un ethnocide à mesure que leurs droits sont systématiquement bafoués. Cela peut également entraîner une criminalisation accrue des peuples autochtones lorsqu’ils défendent leurs terres, territoires et ressources, et lorsqu’ils exercent leur droit de pratiquer des systèmes de gestion durable des ressources et des moyens de subsistance dans le cadre de leurs propres mesures de conservation. Il est donc nécessaire de garantir le respect, la protection et l’exercice des droits des peuples autochtones dans les programmes et mesures de conservation liés à l’objectif « 30×30 ». La reconnaissance et le renforcement des pratiques de conservation des peuples autochtones, ainsi que la garantie de moyens de subsistance durables, doivent être assurés ; et leur criminalisation dans l’exercice de leurs droits doit cesser.
Il est urgent que le comportement des décideurs nationaux et mondiaux change, cessant de considérer les peuples autochtones comme des ennemis de la conservation et du développement. Au contraire, ils doivent être reconnus comme des acteurs clés et des partenaires indispensables pour atteindre de manière significative l’objectif « 30×30 » et pour réaliser un développement durable pour tous.
Note : Indigenous Peoples Rights International est une organisation mondiale de peuples autochtones qui œuvre pour la protection de leurs droits et pour unir et amplifier les appels à la justice pour les victimes de criminalisation et d’impunité. Veuillez consulter : https://iprights.org/
Contact : Joan Carling
Email : [email protected]
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