
Déclaration sur la menace continue et l’expulsion imminente des Masaï dans la division de Loliondo, dans le nord de la Tanzanie
Indigenous Peoples Rights International (IPRI) appelle le gouvernement de la Tanzanie (GoT) à mettre immédiatement fin aux attaques violentes contre les pasteurs autochtones masaï dans la division de Loliondo. L’IPRI demande au gouvernement tanzanien de retirer immédiatement toutes les forces de l’État des terres traditionnelles masaï et d’engager un dialogue constructif avec les dirigeants masaï de Loliondo afin de mettre fin au conflit.
Nous réaffirmons que les droits individuels et collectifs des Masaï, tels que reconnus par le droit international, doivent être protégés et respectés par le gouvernement tanzanien, au lieu de subir des attaques et des expulsions forcées.
Le 9 juin, plusieurs pasteurs masaï ont été blessés à la suite d’attaques violentes menées par les forces armées du gouvernement tanzanien (GoT) afin de les expulser de leurs terres coutumières légalement reconnues, dans le but de les affecter à une zone de chasse aux trophées.
Au cours des dernières semaines, le gouvernement a mobilisé environ 700 militaires et autres forces de l’État, établissant des camps dans plusieurs villages de la région de Loliondo. Les dirigeants ont été criminalisés pour leur opposition publique aux projets du gouvernement tanzanien.
Cette menace provoque la panique et la détresse parmi les Masaï. Leur expulsion est imminente.
Comme l’a précédemment signalé Indigenous Peoples Rights International, ces expulsions sont motivées par l’intérêt du gouvernement tanzanien (GoT) à développer ou à accorder des concessions pour la création de réserves de chasse. Ces actions visant à établir des «aires de conservation forteresse» constituent une violation manifeste des droits collectifs des peuples autochtones.
Dans leurs efforts pour résister aux menaces d’expulsion, les Masaï ont organisé une série de réunions communautaires et de rassemblements pacifiques afin d’exprimer leurs points de vue et de demander la reconnaissance de leur droit à vivre en paix sur leur territoire. Cependant, le gouvernement tanzanien (GoT) mène déjà des actions visant à expulser et à relocaliser les Masaï dans d’autres zones sans leur consentement. Comme l’a reconnu le ministre des Ressources naturelles et du Tourisme, le GoT investit des ressources dans les services sociaux à Msomera, un site où les Masaï seraient relocalisés de manière involontaire après leur expulsion.
Les actions du gouvernement de Tanzanie se déroulent en violation directe du droit international des droits humains. Pire encore, dans une affaire introduite par quatre conseils de villages masaï devant la Cour de justice de l’Afrique de l’Est, celle-ci a explicitement ordonné:
a) Que le gouvernement de la Tanzanie et toute personne ou tout agent agissant en son nom cessent et s’abstiennent d’expulser les requérants [les Masaï], de détruire leurs habitations ou de confisquer leur bétail sur ces terres, jusqu’à la décision dans l’affaire n° 10 de 2017; et
b) Que le bureau de l’inspecteur général de la police s’abstienne de harceler ou d’intimider les requérants [les Masaï] en lien avec l’affaire n° 10 de 2017, en attendant son règlement.
Il est profondément préoccupant que le gouvernement de Tanzanie criminalise ouvertement ceux qui s’opposent à ses projets et qu’il attaque les pasteurs masaï. Les Masaï occupant des fonctions de leadership et s’opposant à l’expulsion ainsi qu’à la création de la réserve de chasse ont été arrêtés, comme Parmwaari Merika, président du village d’Oloirien.
En outre, au moins huit conseillers et présidents de partis ont été placés en détention pour interrogatoire et pourraient faire l’objet d’arrestations sur la base d’accusations non précisées.
Indigenous Peoples Rights International exhorte le gouvernement de Tanzanie à:
- Mettre immédiatement fin aux violences des forces de l’État contre les Masaï.
- Garantir justice et réparations aux victimes de l’attaque armée.
- Engager un processus de dialogue avec les dirigeants masaï fondé sur le respect de leurs droits.
- Mettre en œuvre la législation relative aux droits fonciers communautaires ainsi que les autres droits individuels et collectifs des pasteurs autochtones masaï, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits humains.
- Mettre fin à la criminalisation des dirigeants masaï ; garantir l’accès à la justice et assurer le respect de leurs droits fondamentaux à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, au lieu de menaces et de représailles.
L’IPRI appelle également la communauté internationale à exprimer sa solidarité et son soutien aux pasteurs autochtones masaï de Loliondo et à faire pression sur le gouvernement afin qu’il respecte ses obligations en matière de droits humains et qu’il mette fin aux attaques, aux expulsions forcées et aux autres violations des droits humains contre les pasteurs autochtones Masaï.
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Note : Indigenous Peoples Rights International (IPRI) est une organisation mondiale de peuples autochtones qui œuvre à la protection des droits des peuples autochtones et à l’unification ainsi qu’au renforcement des appels à la justice pour les victimes de criminalisation et d’impunité. Veuillez consulter le site web de l’IPRI pour plus d’informations: https://iprights.org/
Contact:
Joan Carling
Executive Director
Email: [email protected]

