APPEL URGENT || Libérez les Massaï criminalisés et détenus sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces. Stoppez la persécution des défenseurs des terres !

Indigenous Peoples Rights International(IPRI)appelle une fois de plus,avec urgence,l’État de Tanzanie à cesser immédiatement de criminaliser les dirigeants et défenseurs des pasteurs autochtones massaï au moyen d’accusations fabriquées de toutes pièces.Au lieu de semer la peur et de les réduire au silence,l’État doit respecter les droits collectifs et individuels des Massaï et libérer immédiatement les personnes détenues,conformément au droit international.En juin de cette année,27 Massaï ont été faussement accusés d’avoir tué un agent de police.À ce jour,seuls trois(3)ont été libérés,tandis que 24 restent en détention.
En outre,plus de 90 Massaï ont été inculpés en tant qu’immigrants illégaux dans le but d’empêcher leur retour sur leurs terres et de les dissuader de défendre celles-ci.Des avocats ont pu assurer leur représentation juridique,mais 45 Massaï restent toujours détenus en tant qu’immigrants illégaux dans leur propre pays.Comme si cela ne suffisait pas,ces détenus et leurs familles souffrent de la faim car ils doivent subvenir eux-mêmes à leurs besoins en raison de cette action injuste de l’État.
Cette attaque systématique contre les Massaï est motivée par la volonté d’établir,sur leurs terres traditionnelles,une zone de chasse de 1 500 km2 destinée aux riches appelée «Pololet Game Control Area».Cette prétendue zone de «conservation» doit être gérée par Otterlo Business Corporation,une entreprise de chasse basée aux Émirats arabes unis.Cela se fait sans respecter les droits fonciers coutumiers et en ignorant totalement le droit au consentement libre,préalable et éclairé des Massaï.En réalité,l’État ignore les accords antérieurs selon lesquels les Massaï ne seraient plus dépossédés de leurs terres.
Le gouvernement tanzanien a mené de multiples attaques contre les Massaï.Depuis juillet,les autorités ont confisqué des centaines de têtes de bétail.Leurs propriétaires ont dû payer plus de 86 000 USD(200 000 000 TZS)pour récupérer leur bétail.En outre,sous prétexte de protéger les «zones de conservation»,le gouvernement a déclaré ne plus pouvoir fournir de services sociaux et a cessé de les assurer.L’approvisionnement alimentaire a également été limité,les camions transportant des denrées réglementées doivent payer pour entrer dans la zone.
Par ailleurs,l’État a déployé des centaines de policiers et de militaires dans la région,instaurant un climat de peur et de terreur.Les autorités ont détruit des smartphones,des motos,entre autres,afin de limiter la communication et la mobilité des pasteurs massaï à Loliondo.Toutes ces actions constituent des tentatives évidentes du gouvernement pour contraindre les pasteurs autochtones massaï à quitter leurs terres coutumières afin de justifier l’affirmation selon laquelle ils se seraient réinstallés volontairement.
Le gouvernement mène également une campagne agressive de désinformation et de stigmatisation contre les pasteurs massaï afin de justifier ses attaques et de poursuivre son projet de s’approprier leurs terres coutumières pour les transformer en zone de chasse destinée aux riches.Comme l’a déclaré un dirigeant massaï:«nous sommes traités par le gouvernement comme des obstacles à leur projet de tirer profit de nos terres coutumières et devrions donc être expulsés par tous les moyens,au lieu d’être considérés comme des citoyens titulaires de droits et traités avec dignité».
Ces actions injustes du gouvernement ont eu des effets disproportionnés sur les femmes,les enfants et les personnes âgées autochtones,en particulier sur ceux qui ont été contraints de se déplacer. Deux(2)femmes figurent parmi les personnes accusées du meurtre de l’agent de police.Plus de trente(30)ont été détenues en tant qu’immigrantes illégales.Au moins 40 femmes ont été blessées et privées de soins médicaux;en raison du manque de ressources dans les structures de santé,les femmes sur le point d’accoucher doivent se rendre à Karatu et payer pour recevoir des soins.Il existe également deux cas de fausses couches résultant de la détresse extrême causée par les actions violentes et leur expulsion de leurs foyers et de leurs terres traditionnelles.
Les enfants ont été privés d’éducation et souffrent de traumatismes en raison des attaques;de plus,ils ne reçoivent pas une alimentation suffisante et saine.Les femmes massaï sont privées d’accès aux plantes médicinales traditionnelles nécessaires pour soigner ces affections.
Indigenous Peoples Rights International appelle la communauté internationale à élever à nouveau la voix contre ces graves violations des droits humains et à exiger que l’État de Tanzanie abandonne les accusations infondées contre les Massaï emprisonnés et les libère immédiatement;qu’il respecte les droits des Massaï sur leurs terres,territoires et ressources coutumiers;et qu’il garantisse l’accès aux services sociaux de base afin que les Massaï de Loliondo puissent vivre en paix sur leur territoire.
Les visiteurs consciencieux devraient cesser de se rendre dans les régions du Serengeti et du Ngorongoro,car ces expulsions visent à libérer des espaces pour davantage de tourisme.Une solidarité et des actions mondiales sont nécessaires pour faire pression sur l’État de Tanzanie afin qu’il rende des comptes quant à ses obligations et engagements en matière de droits humains.
Nous appelons également Otterlo Business Corporation à cesser d’utiliser les terres coutumières des Massaï pour la chasse au gibier et pour toute autre activité.L’entreprise doit respecter pleinement les droits des Massaï sur leurs terres,leurs ressources et leurs territoires.
Pour plus d’informations:Joan Carling–[email protected] Indigenous Peoples Rights International

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