Guatemala: Mettre fin aux expulsions contre les communautés mayas et respecter les droits des peuples autochtones sur leurs terres, territoires et ressources

Indigenous Peoples Rights International (IPRI), dont la mission est de faire face aux violations des droits et à la criminalisation des peuples autochtones dans l’impunité, appelle urgemment l’État du Guatemala à mettre fin aux expulsions et aux agressions des forces de sécurité contre les communautés maya Poqomchi et maya Q’eqchi de la Sierra de Minas, municipalité de Purulhá, Baja Verapaz. Le gouvernement du Guatemala doit reconnaître, respecter et protéger les droits des peuples autochtones sur leurs territoires ancestraux. Selon les informations reçues directement de ces communautés mayas autochtones, depuis le 21 novembre, les habitants d’au moins 15 communautés autochtones étaient soumis à un siège militaire et de la Police nationale civile. Ce siège visait à arrêter des dirigeants autochtones mayas, à les expulser de force de leurs terres au profit d’agriculteurs (en particulier la famille Thomae) et à faciliter l’installation d’entreprises extractives. Le siège a directement affecté 15 communautés, telles que Pancoc, Monjón, Santa Rita, Washington, Dos Fuentes, Kalijá et Moxante, et a eu un impact indirect sur 80 autres communautés. Les habitants de Pancoc et Monjón ont été contraints de fuir leurs maisons en raison de l’incursion violente des forces de sécurité. Bien que le siège mené par plus de 2 000 policiers et militaires ait été levé, les menaces d’expulsion persistent et un groupe de civils armés au service des propriétaires fonciers continue de terroriser les communautés. Le détachement militaire, installé depuis 2012 sur les terres occupées par les propriétaires fonciers, demeure également en place. Selon les témoignages des habitants, la police et l’armée ont incendié des biens et du bétail appartenant aux Mayas autochtones. Elles ont restreint leur liberté de circulation, y compris l’entrée de marchandises, terrorisé les communautés et empêché les habitants de vendre leurs produits agricoles et d’accéder à la nourriture et aux services de santé. Ces violations graves des droits individuels et collectifs des peuples autochtones mayas se poursuivent sans relâche malgré la résolution 67/2020 de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), en date du 14 octobre 2020, qui a accordé des mesures conservatoires en faveur des familles maya Poqomchi des communautés de Washington et Dos Fuentes. La résolution mettait en garde contre la situation urgente dans laquelle leurs droits à la vie et à la sécurité personnelle sont menacés. Ces actions incluent un mépris total du droit collectif des peuples autochtones mayas sur leurs terres, territoires et ressources coutumiers ainsi que de leur droit légitime de récupérer leurs terres ancestrales. Ces terres leur ont été confisquées au profit de colons allemands depuis les années 1800, ignorant les titres qui reconnaissaient la propriété communautaire des communautés mayas depuis l’époque de la Couronne espagnole et de l’indépendance, et revendiquant au contraire ces terres comme propriété privée. Les actions entreprises par les Mayas autochtones pour protéger et défendre leurs territoires ont inclus des recours judiciaires ainsi que l’affirmation de leur droit à l’autonomie et le rejet de projets extractifs, tels que les barrages hydroélectriques. Les revendications légitimes de ces communautés autochtones ont été confrontées à des actions injustes de la part des autorités et des propriétaires terriens, avec une série de tentatives d’expulsion en 2009, 2015, 2021 et 2022. Les communautés particulièrement visées sont celles de Washington, Dos Fuentes et Panza. Ces communautés ont été confrontées à des disparitions, à la criminalisation, à l’assassinat de dirigeants communautaires et à l’installation de détachements militaires. La situation s’est aggravée avec l’arrivée du crime organisé, qui a pris le contrôle des structures paramilitaires responsables de massacres durant la période de contre-insurrection. Les communautés ont dénoncé que la militarisation de leurs territoires n’avait pas pour objectif de leur fournir de la sécurité, mais plutôt de garantir la mise en œuvre de projets extractivistes et le dépouillement de leurs terres au profit des agriculteurs. Dans ce contexte et compte tenu des obligations internationales du Guatemala en matière de droits humains, notamment au regard de son adhésion à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, à la Déclaration américaine sur les droits des peuples autochtones, à la Convention 169 de l’OIT, ainsi qu’à son propre cadre constitutionnel, Indigenous Peoples Rights International : soutient la demande urgente de démilitarisation de la Sierra de Minas exprimée par les communautés mayas autochtones affectées. Exige que l’État du Guatemala mette immédiatement fin aux ordres d’expulsion ainsi qu’à la violence et à la criminalisation des communautés susmentionnées. Exhorte les autorités compétentes à se conformer aux mesures conservatoires émises par la CIDH en 2020. Exige le démantèlement des groupes civils armés au service des propriétaires fonciers qui menacent les communautés autochtones. Appelle à la reconnaissance juridique, à la restitution et à la protection des terres coutumières des peuples mayas autochtones par l’État du Guatemala, ainsi qu’à l’établissement de mécanismes efficaces de responsabilité pour les auteurs de violations des droits humains. Nous appelons les organisations internationales de défense des droits humains à attirer l’attention sur cette situation urgente et à se joindre à nous pour exiger des actions immédiates de la part de l’État du Guatemala afin de protéger les droits individuels et collectifs des peuples mayas autochtones. Nous exhortons également la communauté internationale à exprimer sa solidarité avec les peuples mayas autochtones et à demander à l’État du Guatemala de respecter, reconnaître et protéger leurs droits individuels et collectifs et de mettre fin aux violations des droits humains dans l’impunité. Télécharger l’article

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