Indigenous Peoples Rights International (IPRI) est indignée et condamne fermement le massacre de sept (7) autochtones pygmées par le groupe armé terroriste ADF en République démocratique du Congo. L’État congolais doit prendre des mesures décisives pour protéger les peuples autochtones pygmées et garantir l’accès à la justice aux familles des personnes tuées.
Selon les informations reçues par l’IPRI, dans la nuit du 27 mars 2023, un groupe de l’ADF a attaqué le village d’Idohu, Israël Lolueba, chefferie de Walese Vontuku, territoire d’Irumu, dans l’est de la RDC, tuant 7 personnes autochtones pygmées. Ce massacre a été précédé par une autre attaque meurtrière 48 heures plus tôt, ayant entraîné la mort de deux autres personnes.
M. Diel Mochiré, coordinateur national de l’IPRI en RDC et directeur provincial du PIDP Nord-Kivu, a déclaré: «La paix n’a pas de prix et la vie humaine est sacrée. Les peuples autochtones pygmées ne sont pas du bétail à abattre. La sécurité dans les territoires traditionnels de vie des peuples autochtones pygmées dans les zones de conflit est une priorité urgente pour le gouvernement congolais».
Malheureusement, malgré les efforts déployés par le gouvernement congolais, celui-ci n’a pas pris de mesures pour protéger les peuples autochtones pygmées conformément à la loi 022/30 relative à la protection et à la promotion des droits des peuples autochtones pygmées en République démocratique du Congo, ni pour traduire en justice les responsables des meurtres et des attaques, créant ainsi les conditions d’une escalade de la violence contre sa population, y compris les Pygmées.
Les peuples autochtones pygmées restent sans protection face aux attaques continues de groupes lourdement armés qui cherchent à les déplacer de leurs territoires afin de s’approprier leurs terres et leurs ressources. Selon des informations publiées par l’ONU le 15 mars, plus de 100 000 personnes ont été déplacées et des dizaines ont été tuées à la suite d’attaques de groupes armés dans le Nord-Kivu, une province de l’est de la RDC. Par ailleurs, les attaques de l’ADF avaient déjà causé la mort de 97 civils à la mi-mars, en plus de nos frères et sœurs pygmées récemment assassinés.
La loi sur les peuples autochtones, adoptée le 15 juillet 2022, oblige l’État congolais à protéger et promouvoir les droits sociaux, économiques et culturels des peuples autochtones pygmées, ainsi que leurs droits civils et politiques. Cette loi reconnaît leur droit à leurs terres, territoires et ressources, mais ils ne sont pas protégés contre les accaparements de terres et de ressources par des groupes armés et des entreprises.
«La mise en œuvre de la loi n°022/30 relative à la protection et à la promotion des droits des peuples autochtones pygmées est l’affaire de toutes les parties prenantes, y compris le gouvernement, la société civile, le secteur privé et les peuples autochtones», a déclaré M. Mochiré.
Aujourd’hui, le monde entier fonde ses espoirs face au changement climatique sur les puits de carbone des forêts de l’Amazonie et du Congo, tandis que leurs gardiens, les peuples autochtones qui les ont préservées pendant des millénaires, sont assassinés en toute impunité. La violence qu’ils subissent aujourd’hui, motivée par la volonté de continuer à piller leurs ressources, menace leur survie en tant que peuples autochtones.
Indigenous Peoples Rights International, une organisation créée spécifiquement pour lutter contre la violence et l’impunité à l’encontre des peuples autochtones, appelle l’État congolais à prendre sans délai des mesures efficaces pour protéger la vie et les droits de ses populations autochtones, conformément à ses obligations internationales et à la législation nationale. Cela inclut l’octroi d’une justice adéquate et de mesures de réparation appropriées, ainsi que la garantie du retour en toute sécurité des peuples pygmées sur leurs territoires. Aux organes compétents des Nations Unies, y compris les forces de maintien de la paix, d’enquêter sur cette affaire et de prendre des mesures pour prévenir de nouvelles attaques contre les peuples autochtones pygmées. L’IPRI appelle la communauté internationale à exprimer sa solidarité avec les peuples autochtones pygmées et à exhorter le gouvernement de la République démocratique du Congo à mettre fin à toutes les formes d’attaques violentes contre eux. Ils méritent de vivre en paix dans leurs communautés et d’exercer leurs droits sans crainte.
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