Plus de 140 défenseurs des droits humains du monde entier appellent à mettre fin aux expulsions forcées du peuple Ogiek de la forêt de Mau

En réponse à l’expulsion forcée violente des communautés autochtones Ogiek et des habitants de la forêt de Mau, qui a débuté le 1er novembre 2023, 140 défenseurs des droits humains issus de 35 pays ont adressé une lettre au gouvernement kényan exigeant qu’il annule l’ordre d’expulsion et mette en œuvre les arrêts de 2017 et 2022 de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, qui l’obligent à respecter les droits des Ogiek.
Les défenseurs soulignent que les dirigeants ogiek ont tenté d’engager un dialogue avec les autorités avant l’expulsion, mais que leurs démarches ont été rejetées. Les expulsions ont violé les droits de plus de 700 personnes ogiek, déplacées de force sans aucun endroit où aller. Leurs maisons, écoles et biens ont été incendiés et détruits, et la saison des pluies rend leur situation encore plus précaire, en particulier pour les femmes et les enfants.
«Les Ogiek de Mau ne devraient pas être synonymes d’expulsions et d’impuissance, comme le montrent les expulsions en cours dans la zone de Sasimwani, dans le comté de Narok; le gouvernement doit respecter la loi et la dignité humaine», a déclaré Daniel Kobei, directeur exécutif du Programme de développement des peuples ogiek (OPDP).
Dans une lettre publique adressée au Dr William Samoei Ruto, CGH, président de la République du Kenya et commandant en chef des forces de défense, les défenseurs des droits humains ont rappelé qu’en mai 2017, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples avait reconnu les droits des Ogiek sur leurs terres traditionnelles dans la forêt de Mau, y compris les zones de Nkareta et Sasimwani aujourd’hui évacuées. En outre, dans un arrêt de 2022, la Cour a ordonné au gouvernement kényan d’entreprendre « la délimitation, la démarcation et l’octroi de titres des terres communautaires afin de protéger les droits de propriété des Ogiek, liés à leur occupation, utilisation et jouissance de la forêt de Mau et de ses diverses ressources…».
Il est ironique que le gouvernement kényan invoque la conservation de la forêt de Mau comme justification des expulsions, alors qu’il a précédemment reconnu que la présence des Ogiek sur leur territoire ancestral n’est pas la cause de la dégradation, mais plutôt les concessions d’exploitation forestière et les intrusions illégales. De même, la Cour africaine a souligné en 2017 que la conservation des forêts ne doit pas servir de prétexte à l’expulsion de leurs habitants d’origine.
Cette approche de «conservation forteresse» n’est pas seulement coloniale, mais constitue intrinsèquement une violation des droits des peuples autochtones à leurs terres, territoires et ressources.
La Cour africaine a également adressé une lettre d’appel urgente au gouvernement kényan demandant la cessation des expulsions afin de limiter les dommages irréparables pouvant être causés à la vie, aux moyens de subsistance, à la vie familiale, à la sécurité et à la sûreté des membres vulnérables du peuple ogiek, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées.
«Les peuples autochtones ont un droit inhérent à leurs terres, territoires et ressources, comme l’affirment les instruments internationaux relatifs aux droits humains. Ils sont reconnus comme les gardiens de la nature et constituent ainsi des alliés stratégiques pour faire face aux défis environnementaux mondiaux et au changement climatique. L’ordre d’expulser les Ogiek, qui ont protégé la forêt de Mau, est clairement injuste et discriminatoire et doit cesser immédiatement», a déclaré Joan Carling, directrice exécutive d’Indigenous Peoples Rights International. ————–DÉTAILS La lettre est également adressée au ministre de l’Environnement, du Changement climatique et des Forêts ; au commissaire régional de la vallée du Rift ; au directeur exécutif de la Commission de justice administrative ; au directeur de la conservation des forêts du Service forestier du Kenya ; au directeur exécutif de l’Agence des ressources en eau du Kenya ; au directeur exécutif de la Commission nationale des droits de l’homme du Kenya ; au directeur exécutif de la Commission nationale pour le genre et l’égalité ; ainsi qu’au commissaire du comté de Narok. LETTRE COMPLÈTE ET LISTE DES SIGNATAIRES PAYS D’ORIGINE DES SIGNATAIRES : Allemagne Danemark Espagne Finlande France Pays-Bas Italie Liechtenstein Norvège Portugal Suède Pays basque Bangladesh Philippines Inde Japon Malaisie Népal Brésil Canada Colombie Équateur États-Unis d’Amérique Guyana Honduras Mexique Venezuela Algérie Burundi Cameroun Congo-Kinshasa (République démocratique du Congo) Guinée équatoriale Rwanda Afrique du Sud Kenya Zimbabwe.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *