Malgré la récente condamnation d’un dirigeant d’entreprise pour sa responsabilité dans le meurtre de la défenseure lenca Berta Cáceres, des documents révèlent des omissions présumées et l’implication d’entités financières et d’entreprises dans son assassinat. Indigenous Peoples Rights International (IPRI) exhorte les États hondurien et néerlandais à garantir la justice dans le meurtre de Berta Cáceres. Personne ne doit rester dans l’impunité.
Berta Cáceres a été assassinée le 3 mars 2016, dans le contexte d’un conflit lié à la construction du barrage d’Agua Zarca sur le territoire lenca au Honduras. Les peuples autochtones de l’ouest de ce pays luttent historiquement pour la défense de leur territoire ancestral, menacé par des projets hydroélectriques et miniers étrangers. Ces projets ont été imposés aux peuples autochtones sans leur consentement, en violation du droit international des droits humains, notamment de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
Avant l’assassinat de Berta Cáceres, elle-même ainsi que plusieurs ONG avaient averti les entités financières impliquées dans le projet — telles que la banque néerlandaise FMO — que le peuple lenca n’avait pas donné son consentement et avaient dénoncé la violence exercée par l’entreprise.
Le 20 juin 2022, un tribunal hondurien a condamné un haut dirigeant de DESA, l’entreprise à l’origine du projet, à 22 ans et demi de prison pour le meurtre de Berta Cáceres. Il s’agit d’une reconnaissance sans précédent de la responsabilité d’un haut responsable d’entreprise dans cette grave violation des droits humains. Néanmoins, des doutes subsistent quant à la poursuite de tous les responsables.
Le 28 juin 2022, le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), avec les filles et les fils de Berta Cáceres, a déposé une plainte auprès du parquet néerlandais contre la banque FMO et ses dirigeants. Cette action en justice souligne leur complicité présumée dans des faits de corruption, de détournement de fonds, de blanchiment d’argent et de violence liés au financement du projet Agua Zarca de la famille Atala Zablah.
Cette démarche s’ajoute à la plainte civile déposée en mai 2018 par le COPINH contre FMO pour négligence dans la gestion de son financement de ce mégaprojet, qui a entraîné des violences contre la communauté lenca de Río Blanco et le COPINH, causant la mort de membres de la communauté ainsi que de Berta Cáceres.
Les actions en justice engagées par le COPINH et la famille Cáceres illustrent l’urgence de mettre en place des mécanismes efficaces de responsabilité des entreprises et des institutions financières. Les activités extraterritoriales doivent être encadrées par des mécanismes de suivi garantissant le respect des droits humains.
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