Tanzanie — Halte aux nouvelles attaques! Libérez les dirigeants masaï et les défenseurs des droits humains accusés sur la base de graves accusations fabriquées de toutes pièces.

Tanzanie — Halte aux nouvelles attaques! Libérez les dirigeants masaï et les défenseurs des droits humains accusés sur la base de graves accusations fabriquées de toutes pièces.

Indigenous Peoples Rights International (IPRI) appelle d’urgence l’État de Tanzanie à mettre immédiatement fin à la criminalisation des dirigeants masaï et des défenseurs des droits humains dans la division de Loliondo. Ces dirigeants, ainsi que leurs communautés, défendent leur droit de vivre sur leurs terres coutumières légalement reconnues face aux attaques visant à les expulser.

L’IPRI a suivi de manière continue les attaques systématiques menées par l’État de Tanzanie contre les Masaï. Ces actions, sous couvert de conservation, violent les droits humains des Masaï. Elles contreviennent également aux ordonnances explicites de la Cour de justice de l’Afrique de l’Est, qui a enjoint à l’État de Tanzanie de cesser toute expulsion des Masaï, de ne pas détruire leurs habitations ni confisquer leur bétail sur ces terres, et de s’abstenir de les harceler ou de les intimider.

Il est regrettable que, malgré cette ordonnance et les préoccupations exprimées par des experts des Nations Unies concernant les attaques violentes menées par les forces de sécurité tanzaniennes le 10 juin, le gouvernement continue de criminaliser les pasteurs masaï à Loliondo. Cette semaine, 50 pasteurs masaï autochtones — dont 12 femmes — doivent être traduits en justice sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces, et 27 dirigeants et défenseurs des droits humains font face à des accusations de meurtre d’un policier. Ces dirigeants ont été arrêtés la veille du meurtre qui leur est imputé. La semaine dernière, 72 Masaï ont été arrêtés et 22 ont été libérés sous caution. De plus en plus de personnes font face à des menaces d’arrestation et de détention fondées sur de fausses accusations.

En plus de ces violations des droits humains, 18 pasteurs autochtones masaï ont également vu leur bétail confisqué (totalisant plus de 3 500 têtes), et ils ont dû payer environ 4 500,00 USD chacun pour récupérer leurs animaux.

Joan Carling, directrice exécutive de l’IPRI, a souligné que «ces attaques contre les pasteurs masaï par les forces gouvernementales ne sont pas seulement contraires aux obligations de l’État en matière de droits humains, mais elles démontrent également le racisme systémique et la discrimination à l’encontre des Masaï, qui ont protégé la faune et la biodiversité sur leurs terres coutumières pendant des siècles.»

Il convient de rappeler que ces expulsions sont motivées par l’intérêt du gouvernement de Tanzanie à établir la soi-disant zone de contrôle du gibier de Pololet, créée dans des villages de peuples autochtones sans leur consentement libre, préalable et éclairé et en contradiction avec la Constitution et la législation de la Tanzanie. Alors que les Masaï ont organisé une série de rassemblements pacifiques pour exiger le dialogue ainsi que la protection et le respect de leurs droits, le gouvernement a agi autrement : il a pris unilatéralement des mesures violentes pour les expulser et les relocaliser dans d’autres zones sans leur consentement.

Le 15 juin dernier, l’IPRI — en tant qu’organisation internationale constituée pour faire face à la criminalisation, à la violence et à l’impunité dans les attaques contre les peuples autochtones— a appelé le gouvernement de Tanzanie à retirer immédiatement toutes les forces de l’État des terres traditionnelles masaï et à engager un dialogue constructif avec les dirigeants masaï de Loliondo afin de mettre fin au conflit. Comme l’a souligné Joan Carling, «les pasteurs autochtones masaï ne sont pas des criminels et ils méritent le respect et la paix sur leurs territoires.»

L’IPRI appelle la communauté internationale à condamner les attaques et les violations des droits des pasteurs masaï et à exhorter le gouvernement de Tanzanie à:

  • Mettre fin à la criminalisation des dirigeants masaï ; garantir l’accès à la justice et assurer le respect de leurs droits fondamentaux à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, au lieu de menaces et de représailles.
  • Abandonner immédiatement les charges retenues contre les dirigeants et défenseurs masaï jugés et, en conséquence, les libérer.
  • Mettre immédiatement fin aux violences des forces de l’État contre les Masaï.
  • Garantir justice et réparations aux victimes de l’attaque armée du 9 juin, ainsi qu’à celles dont le bétail a été tué ou confisqué.
  • Engager un processus de dialogue avec les dirigeants masaï fondé sur le respect de leurs droits. Il s’agit de la seule solution acceptable dans un État démocratique respectueux de ses obligations internationales en matière de droits humains.
  • Mettre en œuvre la législation relative aux droits fonciers communautaires ainsi que les autres droits individuels et collectifs des pasteurs autochtones masaï, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits humains.

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Note : Indigenous Peoples Rights International (IPRI) est une organisation mondiale de peuples autochtones qui œuvre à la protection des droits des peuples autochtones et à l’unification ainsi qu’au renforcement des appels à la justice pour les victimes de criminalisation et d’impunité. Veuillez consulter le site web de l’IPRI pour plus d’informations: https://iprights.org/

Contact:

Joan Carling

Executive Director

Email: [email protected]

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