MÉCANISME D’EXPERTS SUR LES DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES Quinzième session Point 9:Discussion thématique sur la violence contre les femmes autochtones Déclaration de Indigenous Peoples Rights International-IPRI Présentée par Beverly Jacobs,membre du conseil d’administration
La violence contre les femmes autochtones présente une dimension particulière fondée sur la combinaison de notre identité,de notre genre et de notre statut socio-économique inférieur,entraînant de multiples formes de discrimination,d’oppression et d’exploitation.Dans ce contexte,la lutte contre la violence à l’égard des femmes autochtones doit prendre en compte l’indivisibilité de nos droits individuels en tant que femmes autochtones et de nos droits collectifs en tant que peuples autochtones.
Dans ce contexte,Indigenous Peoples Rights International aborde également une dimension supplémentaire de la violence contre les femmes,à savoir leur criminalisation lorsqu’elles revendiquent à la fois leurs droits individuels et collectifs.De nombreuses femmes autochtones,en tant que défenseures de l’environnement et des droits humains,subissent diverses formes de violence,notamment des assassinats,la torture,le viol et l’intimidation,lorsqu’elles défendent nos droits collectifs sur nos terres,territoires et ressources contre l’exploitation et la destruction par les États et les entreprises.De même,l’accès à la justice est extrêmement limité et les femmes autochtones incarcérées subissent également davantage de discrimination.
Il est urgent que les États et les systèmes des Nations Unies accordent une attention accrue à la situation des femmes autochtones en tant que défenseures des droits humains et de l’environnement,et reconnaissent pleinement notre rôle dans la protection de nos terres,territoires et ressources pour les générations futures.
IPRI souhaite également attirer l’attention de l’EMRIP sur nos graves préoccupations concernant la violence et la crise liées aux femmes autochtones disparues et assassinées au Canada.«Selon un rapport publié en 2022,les femmes,les filles et les personnes 2SLGBTQQIA+ autochtones continuent de subir des niveaux alarmants de violence et sont surreprésentées parmi les victimes de crimes.Plus de six femmes autochtones sur dix(63%)ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie(contre 45% des femmes non autochtones).Le taux d’homicide est plus de cinq fois supérieur chez les femmes autochtones par rapport aux femmes non autochtones.En outre,il a été constaté que les femmes,les filles et les personnes 2SLGBTQQIA+ autochtones sont 12 fois plus susceptibles d’être portées disparues ou assassinées que les femmes non autochtones,bien que le nombre exact reste inconnu car des milliers de ces décès ou disparitions n’ont pas été signalés ou ont été mal signalés.»
Nous appelons donc l’EMRIP à exhorter les États à adopter des mesures visant à protéger les droits individuels et collectifs des femmes autochtones contre toutes les formes de violence et à garantir l’accès à la justice aux victimes de violences contre les femmes en droit et en pratique.
