NICARAGUA | Fin immédiate des représailles contre les défenseurs des droits des peuples autochtones : le cas d’Anexa Alfred Cunningham

Déclaration conjointe de l’IPRI et de l’IWGIA Tout au long de l’année 2022, un nombre croissant de défenseurs des droits humains autochtones ayant collaboré avec les Nations Unies ont été victimes d’intimidation, de harcèlement, de menaces, de campagnes médiatiques diffamatoires, d’interdictions de voyager, d’arrestations et de détentions arbitraires, de torture et de mauvais traitements, de radiation professionnelle ou de licenciement, entre autres violations des droits humains. Tant le Secrétaire général de l’ONU que le Président du Conseil des droits de l’homme (CDH) ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude face à cette tendance préoccupante. Plus récemment, le Président du CDH a accordé une attention particulière aux représailles subies par des experts indépendants de l’ONU et s’est directement adressé au gouvernement du Nicaragua concernant le cas de Mme Anexa Alfred Cunningham. En avril de cette année, Mme Alfred, issue du peuple miskitu du Nicaragua, a été nommée membre du Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones (EMRIP), un organe consultatif du CDH. Mme Alfred a travaillé à la Commission interaméricaine des droits de l’homme et a été boursière autochtone senior au Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) à Genève. Au Nicaragua, elle a travaillé avec des communautés autochtones dans des processus de titrage foncier et a été conseillère juridique du parti miskito YATAMA, entre autres activités. Comme de nombreuses personnes dans le pays, elle a exprimé sa préoccupation face à la situation actuelle des droits humains au Nicaragua. En juillet, Mme Alfred a participé pour la première fois à la session de l’EMRIP. À son retour au Nicaragua, elle s’est vu refuser l’embarquement à Amsterdam par la compagnie aérienne, le gouvernement du Nicaragua ayant informé celle-ci qu’il ne lui permettrait pas d’entrer dans le pays. Cela est également arrivé à d’autres citoyens nicaraguayens opposés au régime actuel. Le HCDH a facilité le retour de Mme Alfred d’Amsterdam à Genève. Le Président du CDH a adressé une lettre au gouvernement du Nicaragua demandant des explications sur cet incident et appelant à ce que Mme Alfred puisse rentrer en toute sécurité auprès de sa famille. Le gouvernement du Nicaragua n’a pas répondu. Lors de la 51e session du CDH en septembre, M. Francisco Villegas, Président du CDH, a évoqué publiquement la situation de Mme Alfred, qui se trouvait toujours à Genève. Il a expliqué avoir demandé à plusieurs reprises des éclaircissements au gouvernement, sans obtenir de réponse ni de garanties pour son retour en toute sécurité. Il a également déclaré que sa situation pouvait être considérée comme une représaille pour sa participation à la session de l’EMRIP. En raison du refus du Nicaragua de coopérer avec le système des droits humains de l’ONU et de la détérioration du respect des droits humains dans le pays, un groupe spécial de trois experts des droits humains sur le Nicaragua a été établi. Le HCDH a également exprimé de graves préoccupations concernant la situation des peuples autochtones dans le pays. Les représailles contre Mme Alfred constituent une indication claire non seulement de la détérioration de la situation des droits humains au Nicaragua, mais aussi de l’augmentation des représailles contre les peuples autochtones qui coopèrent avec les mécanismes et institutions de défense des droits humains. Si cela peut arriver à une experte indépendante du CDH, que se passera-t-il pour les défenseurs des droits humains autochtones sur le terrain? Les organisations soussignées souhaitent exprimer leur préoccupation et leur solidarité avec Mme Anexa Alfred et demandent : au Conseil des droits de l’homme et au HCDH de maintenir leurs efforts pour résoudre la situation à laquelle est confrontée Mme Anexa Alfred et de travailler à l’élaboration de méthodes efficaces pour répondre aux représailles des États contre les défenseurs autochtones des droits humains ; au gouvernement du Nicaragua de mettre immédiatement fin aux représailles et à la persécution des défenseurs autochtones des droits humains dans le pays ; au gouvernement du Nicaragua de répondre à la demande du Président du Conseil des droits de l’homme et du HCDH concernant la situation de Mme Anexa Alfred ; et à l’EMRIP d’élaborer un rapport sur les représailles contre les peuples autochtones, les individus et les communautés qui coopèrent avec les organes et mécanismes des droits humains de l’ONU, en fournissant des conseils d’experts sur les mesures pouvant être prises pour faire face à ce problème grave. [1] https://media.un.org/en/asset/k1o/k1oi0npjam [2] Minutes

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