Indigenous Peoples Rights International (IPRI) condamne l’assassinat du leader autochtone cofán et défenseur des droits Eduardo Mendúa. Les responsables de cette attaque doivent être traduits en justice immédiatement.
La Confédération des nationalités autochtones de l’Équateur (CONAIE) a confirmé que, dans l’après-midi du dimanche 26 février 2023, son responsable des relations internationales, Eduardo Mendúa, appartenant à la nationalité A’i Cofán, a été abattu devant son domicile dans la province de Sucumbíos. Cet assassinat est survenu quelques heures après sa participation au Conseil élargi de la CONAIE. Cette attaque violente a suscité des interrogations sur ses motivations et provoqué une profonde consternation au sein du mouvement autochtone en Équateur.
Ce grave incident s’inscrit dans un contexte d’augmentation des attaques — y compris par armes à feu —, du harcèlement, des menaces et d’une persécution constante contre les leaders autochtones et les défenseurs des droits, en particulier ceux qui défendent les territoires face aux activités extractives menées par des entreprises pétrolières publiques et privées.
Eduardo Mendúa était une figure centrale de la résistance face au conflit généré par la présence de l’entreprise publique Petroecuador sur le territoire de Dureno. Dans la zone où il a été assassiné, les communautés autochtones exigeaient la mise en œuvre d’un processus de consultation préalable conforme à la Constitution et aux normes internationales. Cette demande n’a pas été respectée et, au contraire, s’est traduite par l’occupation des territoires autochtones par l’entreprise.
En avril 2022, Mendúa avait dénoncé que «le gouvernement national, à travers un préaccord avec certaines personnes, fomentait la division parmi les habitants de la communauté». En janvier dernier, il avait également affirmé tenir le gouvernement de Guillermo Lasso responsable d’encourager la violence dans la région et avait averti d’intentions d’extermination du peuple A’i Cofán.
Indigenous Peoples Rights International (IPRI) dénonce les attaques contre les peuples et nationalités autochtones d’Équateur dans la défense de leurs territoires. Nous appelons les entreprises, tant publiques que privées, à respecter les droits des peuples autochtones à leurs terres, territoires et ressources, et à mener des processus de consentement libre, préalable et éclairé avec les communautés concernées, conformément aux normes internationales des droits humains.
En outre, nous exhortons le gouvernement de l’Équateur à mener immédiatement une enquête impartiale et garantir que les responsables soient traduits en justice, ainsi que rendre justice à la famille d’Eduardo Mendúa; à réglementer strictement les activités des entreprises afin de garantir le respect des droits humains et d’assurer leur responsabilité dans toute atteinte à l’environnement et aux défenseurs des droits humains; à faire preuve de volonté politique pour respecter les accords issus des revendications de la grève nationale de 2022 en Équateur — notamment ne pas étendre la frontière extractive minière ou pétrolière, respecter les 21 droits collectifs dont le consentement libre, préalable et éclairé, ne pas privatiser les secteurs stratégiques et garantir la sécurité des défenseurs de l’environnement et des droits humains; à mettre fin à la persécution des peuples autochtones défendant leurs droits collectifs et individuels; à mettre fin aux campagnes médiatiques qui stigmatisent et criminalisent le travail des leaders autochtones; à respecter et protéger les droits individuels et collectifs des peuples autochtones, en particulier leurs droits à leurs terres, territoires et ressources ainsi que leur droit à l’autodétermination; et à garantir le droit au consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones concernés par tout projet affectant leurs terres, territoires et ressources. Nous réitérons notre appel à la justice et exprimons notre solidarité avec la famille, la communauté et les frères et sœurs de la nationalité A’i Cofán d’Eduardo. Ces actes contre les peuples autochtones doivent cesser immédiatement.
