#HRC54 Impacts des projets de développement et des femmes autochtones (Sonora, Chihuahua et Jalisco)

Par Anabela Carlón, coordinatrice de recherche d’IPRI Mexique
L’impact des projets de développement sur les droits humains des peuples autochtones, en particulier sur les femmes, est la dépossession. Celle-ci n’est pas seulement matérielle ; elle est aussi immatérielle et affecte la terre, les corps, l’esprit ou la conscience collective de différentes manières.
De nombreux projets de développement ont affecté les peuples autochtones, mais il existe dans l’histoire orale un élément marquant: lors de la diaspora du peuple yaqui vers les États du sud du Mexique, les femmes ont été séparées de leurs enfants parce qu’elles «leur inculquaient de la haine envers les métis». C’est du moins ce que rapportent certains documents militaires.
Face à cette offense, les femmes yaqui ne se sentaient pas —ou ne se sentent pas— exclues de leurs droits au territoire et à l’accès aux ressources naturelles, puisqu’à l’instar de leurs pairs, elles ont été exilées pour avoir défendu la terre, l’eau et la culture.
Au cours des dix dernières années, deux grands projets ont eu un impact sur le peuple yaqui : un aqueduc (2010) et un gazoduc (2014). Dans les deux cas, ces projets ont été menés sans consultation et ont entraîné une augmentation de la violence, des disparitions, de la stigmatisation et de la criminalisation, en plus d’ignorer le rôle et le leadership des femmes dans la défense de leur territoire, de leurs ressources naturelles, de leurs systèmes de gouvernance et de leurs normes.
Cela parce qu’elles remettent en question les droits fonciers, défendent l’avenir collectif et protègent l’esprit collectif.
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