Au début de l’année 2024, une communauté indigène Tagbanua s’est trouvée confrontée à un défi majeur lorsqu’un soldat à la retraite a revendiqué la propriété de cinq hectares de leurs terres ancestrales. Consciente de la perte potentielle de ses maisons et de ses moyens de subsistance, la communauté a décidé de mener une action collective pour protéger son domaine ancestral.
La communauté est située à Barangay Bualbualan, Simpokan, Puerto Princesa City aux Philippines.
Mobilisation de la communauté et premières étapes
Dès le début, la communauté a organisé des réunions pour discuter de la revendication territoriale et élaborer une stratégie de réponse.
Ils ont examiné les documents relatifs aux terres ancestrales et ont identifié les étapes juridiques et procédurales nécessaires pour contester la revendication.
Les principaux membres de la communauté Tagbanua ont pris l’initiative de préparer des déclarations sous serment détaillant leur présence et leur gestion de longue date de la terre. Ces déclarations, ainsi que les documents confirmant que la terre fait partie du domaine ancestral des communautés Tagbanua – englobant environ 49 000 hectares, y compris les eaux ancestrales – et qu’elle est classée comme terre forestière (ce qui la rend inéligible à la propriété privée), ont constitué le fondement de leur dossier.
Engagement avec les agences gouvernementales
La communauté Tagbanua s’est adressée aux agences gouvernementales pour faire valoir ses droits.
Ils ont écrit à:
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Le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (DENR) afin de vérifier le classement des terres, et
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La Commission nationale des peuples autochtones (NCIP) doit confirmer les limites de leur domaine ancestral.
Grâce à un suivi constant et à la production de documents, les autorités compétentes ont continué à s’intéresser à leurs préoccupations. Grâce à leurs efforts, une plainte officielle a été déposée auprès du ministère de l’environnement et des ressources naturelles afin d’obtenir l’annulation du titre de propriété détenu par l’intéressé.
Le soutien juridique renforce le dossier
Consciente de la complexité de la situation, la communauté indigène a sollicité un conseil juridique pour renforcer sa position. Elle a fait appel à un avocat de confiance qui l’a guidée dans la procédure judiciaire.
L’implication de l’avocat était essentielle, mais la communauté est restée au cœur de chaque étape, participant activement à la préparation des preuves et veillant à ce que sa voix soit entendue.
Faire face à l’intimidation et rester ferme
Tout au long de ce processus, les Tagbanua ont fait preuve de résilience.
Ils ont surmonté d’importants défis, notamment l’intimidation de la part d’individus ayant du pouvoir et de l’influence. Les dirigeants communautaires sont restés inébranlables, coordonnant les efforts et ralliant les soutiens dans leurs rangs.
Leur détermination n’a pas seulement retardé un déplacement potentiel, elle a aussi envoyé un message fort sur leur engagement à protéger leurs terres et leurs eaux ancestrales.
Impact et efforts continus
Cette approche proactive reflète la force et l’ingéniosité des Tagbanua. Leurs efforts ont permis d’arrêter les actions de démolition prévues et de porter l’affaire à l’attention des décideurs, avec des résultats encore en suspens.
Pour l’avenir, la communauté continue de plaider en faveur d’un soutien juridique et éducatif afin de faire face aux menaces actuelles et de renforcer les capacités pour les défis futurs.
Soutien du Fonds de défense juridique et de sanctuaire (LDSF)
Le Fonds de défense juridique et de sanctuaire (LDSF) de l’IPRI a apporté un soutien financier crucial, permettant à la communauté Tagbanua d’accéder à une assistance juridique et de s’orienter dans les procédures administratives.
Cette assistance a joué un rôle de soutien, permettant à la communauté de prendre l’initiative de défendre ses terres ancestrales et d’assurer son avenir.
