UNPFII25
Intervention sur le point 5 E de l’ordre du jour: Peuples autochtones et changement climatique
Joan Carling, Indigenous Peoples Rights International
La transition énergétique est une réponse centrale au changement climatique, mais pour de nombreux peuples autochtones, elle risque de reproduire le même modèle extractiviste qui a conduit à la crise. Avec environ 54 % des minéraux nécessaires à la transition énergétique situés sur ou à proximité des territoires autochtones, les solutions climatiques sont de plus en plus imposées à des terres déjà sous pression. Les projets énergétiques sont mis en œuvre sans respecter nos droits fonciers et nos droits sur les ressources, ni le consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), ce qui porte atteinte à notre autodétermination et entraîne des expulsions, la destruction de nos moyens de subsistance et de nos systèmes alimentaires, ainsi que l’affaiblissement de nos écosystèmes qui nous protègent depuis longtemps — des systèmes qui sont essentiels à la résilience climatique.
Ce phénomène est particulièrement visible dans l’expansion rapide de l’exploitation minière de minéraux critiques tels que le lithium, le nickel et le cobalt sur les territoires des peuples autochtones à travers le monde, la demande devant augmenter jusqu’à 500% d’ici 2050. 23 % des projets miniers liés à la transition énergétique situés à proximité des terres autochtones se trouvent près de zones de conflits violents, tandis que 62 % se trouvent dans des zones à haut risque hydrique et 71 % dans des régions en situation d’insécurité alimentaire, ce qui met en évidence la vulnérabilité des peuples autochtones face aux impacts environnementaux, aux conflits et à l’aggravation des inégalités.
La transition énergétique constitue une réponse essentielle au changement climatique, mais pour de nombreux peuples autochtones, elle risque de reproduire le même modèle d’exploitation qui est à l’origine de la crise. Avec environ 54 % des minéraux nécessaires à la transition énergétique situés sur ou à proximité des territoires autochtones, les solutions climatiques sont de plus en plus imposées à des terres déjà sous pression. Les projets énergétiques sont mis en œuvre sans respecter nos droits fonciers et nos droits sur les ressources, ni le consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), ce qui porte atteinte à notre autodétermination et entraîne des expulsions, la destruction de nos moyens de subsistance et de nos systèmes alimentaires, ainsi que l’affaiblissement de nos écosystèmes qui nous protègent depuis longtemps – des systèmes qui sont essentiels à la résilience climatique.
Les conséquences ne se limitent manifestement pas au colonialisme vert visant à contrôler les terres et les ressources des peuples autochtones, mais comprennent également une déforestation généralisée, l’épuisement des ressources en eau et la pollution. De même, de nombreux projets d’énergie renouvelable, notamment des centaines de barrages hydroélectriques, de centrales géothermiques, d’éoliennes et de parcs solaires, deviennent une source majeure d’accaparement des terres, d’expulsions et d’insécurité alimentaire. Lorsque les peuples autochtones agissent pour défendre leurs droits, ils sont attaqués et criminalisés, et la violence à l’encontre des femmes autochtones est en hausse. Rien qu’en Asie, nous – l’Organisation internationale des droits des peuples autochtones – avons recensé 24 cas de violations des droits humains liés à la transition énergétique, notamment des meurtres, des arrestations et des détentions, des expulsions et des violations du consentement libre, préalable et éclairé (FPIC). Ces graves répercussions sont de plus en plus considérées non seulement comme des violations des droits humains, mais aussi comme pouvant donner lieu à une responsabilité en vertu du droit international, notamment dans le cadre des discussions émergentes au sein de la Cour pénale internationale sur la destruction de l’environnement et les dommages liés au climat.
Une transition énergétique juste doit donc tenir compte à la fois des émissions et de la justice, en veillant à ce que l’action climatique ne contribue pas à perpétuer la marginalisation et les inégalités ; elle doit au contraire garantir la protection des droits des peuples autochtones, établir des partenariats et assurer un partage équitable des bénéfices fondé sur le consentement, tout en renforçant la gouvernance autochtone et la protection de l’environnement
Compte tenu de la prise de conscience croissante, au niveau international, de la responsabilité en matière de climat, les États et les organismes multilatéraux doivent prendre des mesures concrètes pour réglementer le comportement des entreprises et veiller à ce que les violations des droits des peuples autochtones dans le cadre de la transition énergétique — en particulier le non-respect des droits fonciers et l’absence de consentement libre, préalable et éclairé — soient prévenues, sanctionnées et, le cas échéant, traitées comme des infractions graves au regard du droit national et international.
