IPRI condamne la criminalisation des dirigeants autochtones au Guatemala

30 avril 2025 Indigenous Peoples’ Rights International (IPRI), l’organisation autochtone mondiale qui dirige l’Initiative globale pour faire face et prévenir la criminalisation, la violence et l’impunité contre les peuples autochtones, rejette fermement l’arrestation et l’emprisonnement des dirigeants autochtones Luis Pacheco et Héctor Chaclán. En même temps, elle exprime sa solidarité avec les personnes détenues, leurs communautés et les organisations qui ont défendu la démocratie, l’autodétermination et les droits collectifs des peuples autochtones. Selon les informations recueillies par les partenaires d’IPRI sur le territoire, le 23 avril, Luis Pacheco, vice-ministre du Développement durable et qui a été président du conseil d’administration des maires communautaires des 48 Cantons de Totonicapán en 2023, et Héctor Chaclán, membre de la même organisation, ont été arrêtés sur ordre du ministère public sous les accusations de sédition, association illicite, terrorisme, entrave aux poursuites pénales et obstruction à la justice. En outre, trois autres mandats d’arrêt ont été émis mais n’ont pas encore été exécutés. Pacheco et Chaclán ont été placés en détention provisoire. Les faits pour lesquels il est prévu de leur imputer ces crimes graves remontent à octobre 2023, lorsque diverses autorités autochtones représentant leurs peuples se sont déclarées en «grève nationale indéfinie», menant diverses actions pacifiques en défense des résultats électoraux que le ministère public lui-même cherchait à ignorer et, plus fondamentalement, également en défense de l’autonomie de leurs peuples et de l’ordre constitutionnel. Diverses autorités autochtones ont affirmé que les accusations pénales contre M. Pacheco et M. Chaclán ne constituent pas des actions contre des individus, mais une criminalisation des systèmes de gouvernance communautaire autochtone. Le président du pays lui-même, M. Bernardo Arévalo, a souligné le caractère criminalisant de cette action en déclarant que les mandats d’arrêt constituent une attaque contre le peuple du Guatemala. IPRI considère que ces actions pénales injustifiées contre des autorités autochtones constituent une grave violation des engagements internationaux que l’État du Guatemala a volontairement assumés. La Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), un instrument contraignant ratifié par le Guatemala, établit que les peuples autochtones ont le droit de maintenir leurs propres institutions représentatives et de participer librement à la vie publique. De même, tant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (2007) que la Déclaration américaine sur les droits des peuples autochtones (2016) reconnaissent le droit à l’autonomie, à l’autodétermination et à ne pas être soumis à des actes de discrimination ou de violence pour l’exercice de ces droits. La criminalisation des autorités ancestrales, telles que celles des 48 Cantons de Totonicapán, constitue non seulement une atteinte au droit coutumier autochtone, mais aussi une menace directe pour le tissu démocratique et le pluralisme juridique qui caractérisent un État se disant interculturel et plural. Cette utilisation abusive du système pénal vise à réprimer le droit à la manifestation libre et à la défense des droits humains. IPRI rejette fermement toute tentative d’assimiler l’exercice du droit à la protestation pacifique et à l’autodétermination à des crimes de terrorisme ou de sédition. À cet égard, nous appelons d’urgence le ministère public du Guatemala à: Libérer immédiatement et sans condition les dirigeants autochtones Luis Pacheco et Héctor Chaclán. Annuler les mandats d’arrêt émis dans ce contexte d’exercice pacifique des droits des peuples autochtones. Mettre fin à l’usage abusif du droit pénal à des fins autres que la justice. Nous appelons l’État du Guatemala à: Respecter et protéger l’autonomie des systèmes propres d’organisation et de gouvernance des peuples autochtones. Se conformer à ses obligations, en garantissant le plein exercice des droits collectifs des peuples autochtones conformément aux normes internationales adoptées. Télécharger la déclaration ici.

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