Malgré les progrès au niveau des politiques vers une approche de la conservation fondée sur les droits humains, y compris la reconnaissance et le respect des droits des peuples autochtones, Indigenous Peoples Rights International (IPRI) continue de recevoir des signalements et des plaintes de peuples autochtones du monde entier concernant des violations de leurs droits humains fondamentaux résultant des lois et politiques de conservation. Nous avons examiné les impacts des aires protégées à cet égard, y compris leur rôle en tant que facteurs de violence et de criminalisation des peuples autochtones.[1] De plus, nous avons analysé les impacts du tourisme, souvent lié aux initiatives de conservation au niveau national, sur les droits collectifs et individuels des peuples autochtones.[2]
Un problème récurrent identifié dans ces études est le manque d’alignement entre le cadre juridique environnemental et les droits des peuples autochtones reconnus au niveau international. Dans de nombreux cas, les lois et politiques de conservation et de protection de l’environnement non seulement échouent à protéger ces droits, mais facilitent également activement leur violation, entraînant la criminalisation systémique des peuples autochtones.
Pour approfondir cette analyse, l’IPRI a examiné le cadre juridique et politique environnemental dans 12 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine afin d’évaluer sa conformité avec les obligations internationales relatives aux droits des peuples autochtones.
Ce rapport examine la relation entre la gouvernance environnementale et les droits des peuples autochtones dans des pays riches en biodiversité en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Il analyse la législation environnementale, les lois relatives aux droits des peuples autochtones ainsi que les obligations internationales pertinentes— en particulier la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP)—afin d’identifier les incohérences juridiques et politiques. Il documente également les impacts de ces cadres à travers des études de cas sélectionnées, mettant en évidence des situations de violence, de déplacement et de criminalisation des communautés autochtones. Sur la base de cette analyse, le rapport formule des recommandations visant à renforcer l’harmonisation juridique et les garanties afin de prévenir les violations des droits des peuples autochtones dans le contexte de la protection de l’environnement.
L’IPRI espère que ce rapport contribuera aux réformes juridiques nécessaires au niveau national afin de mettre fin aux graves violations des droits humains résultant de lois et de politiques incompatibles avec les droits collectifs et individuels des peuples autochtones. Elle appelle tous les acteurs — États, institutions internationales, organisations environnementales, bailleurs de fonds et autres — à s’engager en faveur de cet objectif.
[1] Indigenous Peoples Rights International. Redéfinir les aires protégées: une étude sur la criminalisation et les violations des droits humains contre les peuples autochtones dans le cadre de la conservation, novembre 2021. https://iprights.org/2022/01/04/global-report-redefining-protected-areas-a-study-on-the-criminalization-of-and-human-rights-violations-against-indigenous-peoples-in-conservation/
[2] Indigenous Peoples Rights International. Contributions au Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones concernant le tourisme et les droits des peuples autochtones, juin 2023. https://iprights.org/index.php/en/component/content/article/submissions-to-the-un-special-rapporteur-on-the-rights-of-indigenous-peoples-on-tourism-and-indigenous-peoples-rights?catid=9&Itemid=102
